L’installation d’une peupleraie nécessite le respect d’étapes précises parmi lesquelles le choix du clone et des espacements ainsi que la mise en place soignée des plants à une profondeur d’un mètre minimum.
Préalable indispensable, le choix du clone doit s’appuyer sur les conseils d’un technicien forestier, qui aura pratiqué des sondages de sol l’été précédent. Les exigences de chaque cultivar par rapport aux conditions de sol sont détaillées dans le guide du populiculteur(1). D’autres paramètres entrent en ligne de compte : environnement, facteurs sanitaires, disponibilité et souhaits du propriétaire.
Les peupliers sont le plus couramment plantés à 7 x 7m d’écartement, soit 204 plants par hectare ou 8 x 8 m, soit 156 plants par ha. Lorsque la nappe phréatique se situe très près de la surface à l’étiage(2) (50 / 70 cm), la maille doit être plus lâche (9 m minimum). On donne ainsi aux arbres une assise plus solide pour leur assurer une meilleure tenue au vent. C’est aussi le cas des plantations pour lesquelles on veut favoriser la repousse des frênes en sous-étage : il convient alors d’écarter les lignes de peupliers jusqu’à 10, voire 12 mètres. L’écartement entre arbres sur la ligne sera alors de six mètres. Cette largeur permet de laisser se réinstaller et croître une bande de frênes entre les lignes de peupliers.
Les plançons sont des plants de peuplier sans racines, équivalant à de très grosses boutures. Ils sont généralement mis en terre en février-mars. Néanmoins, il est possible de planter dès le quinze décembre si les plants sont bien lignifiés. La mise en terre peut se prolonger jusqu’à mi-juin dans les sols sujets à crues tardives. En attendant, les plançons auront été conservés en chambre froide. Avant leur installation, il faut, à l’aide d’un sécateur, couper toutes les branches afin de faire repartir le plant sur une structure neuve. Le pied du plançon sera taillé en biseau à l’aide d’un outil tranchant et enfilé dans la protection anti-gibier. Si la mise en terre est différée, les plants seront conservés les pieds dans l’eau.
La mise en terre doit être soignée. Ceci passe par l’ouverture de trous de plantation de section légèrement supérieure à celle des plançons. Afin d’assurer une bonne tenue au vent, une profondeur minimale d’un mètre doit être respectée. Celle-ci doit être augmentée si la nappe phréatique à l’étiage est plus profonde. Enfin, il est indispensable de bien tasser la terre autour du pied du peuplier pour bien le caler.
A l’exception des sols tourbeux, l’utilisation de la barre à mine est proscrite. En effet, dès qu’il y a présence d’argile dans la texture du sol, cette méthode lisse les parois du trou et de toute façon ne permet jamais de descendre à la profondeur voulue ! L’utilisation de tarières est souvent nécessaire. Dans le cas de petits chantiers ou de sols non porteurs, on utilisera celles équipées d’un moteur de tronçonneuse et tenues à deux hommes. Pour les autres chantiers, on privilégiera une tarière sur tracteur. Enfin, la réalisation du trou de plantation à l’aide de « lances à eau » évite le lissage des parois et la présence de poches d’air. Elle permet ainsi de mettre les plants en conditions de reprise idéale.
Les plants sont désormais installés ; reste à les entretenir, tailler et élaguer de manière à obtenir du bois de qualité recherché par les industriels locaux.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Bruno JARNY CRPF | 3ème trimestre 2009 | 67 | Technique |
(1) téléchargeable sur le site internet du CRPF au www.crpf-poitou-charentes.fr
(2) niveau moyen le plus bas d’un cours d’eau.