- Le plan simple de gestion, l’outil indispensable à la gestion d’un patrimoine forestier -

M. Frédéric BÉCHON

M. Frédéric BÉCHON est expert forestier et délégué régional de la Compagnie Nationale des Ingénieurs et Experts Forestiers et des Experts Bois.



Bois et Forêts : Au-delà de l’aspect réglementaire, quels sont les principaux intérêts d’un PSG ?

Frédéric Béchon : Le plan simple de gestion, même s’il ne mérite plus aujourd’hui le qualificatif de simple en raison des contraintes administratives nouvelles, et notamment celles relevant du code de l’environnement ou de l’urbanisme, reste malgré tout un outil indispensable à la gestion d’un patrimoine forestier. Ce document représente d’abord une carte d’identité de la propriété. Il reprend l’historique des évènements (coupes, travaux, cession, acquisition etc…) qui ont concerné celle-ci. Sa partie historique, son volet descriptif et sa cartographie ainsi que son programme de coupes et travaux constituent un guide qui servira de référence au propriétaire, appuyé par son gestionnaire, tout au long de sa période d’application. Il peut aussi comporter un prévisionnel financier, non obligatoire, mais utile au propriétaire. Le plan doit être adapté dans le temps en fonction des aléas économiques, sanitaires ou climatiques pouvant perturber ces prévisions.

B. & F. : Comment s’organise la rédaction d’un PSG et quel est son coût ?

F. B. : D’abord nous collectons toutes les informations administratives telles que relevés cadastraux, titre et type de propriété, localisation, ainsi que les prescriptions environnementales locales (Natura 2000, ZNIEFF, etc…). Puis la visite de terrain permet de cartographier les peuplements forestiers, leur nature, âge, caractéristiques chiffrées (hauteur, densité, grosseur, etc.) ainsi que leur état sanitaire. La synthèse de toutes ces informations permet de rédiger le plan composé de trois parties. La présentation générale reprend les renseignements administratifs et les contraintes liés au massif. Suit la description des peuplements avec leur cartographie. Enfin, l’expert établit les règles de gestion en fonction des objectifs définis par le propriétaire. Celles-ci se concrétisent dans un programme de coupes et travaux à effectuer pendant la durée du plan. Le coût d’établissement d’un plan simple de gestion varie de 30 € à 45 € Hors Taxes à l’hectare, acquisition de matrice, de cartes cadastrales et assistance à l’agrément incluses. Le coût est variable selon qu’il s’agisse d’un premier document ou d’un renouvellement. Il dépend également de la superficie, une dégressivité s’appliquant en fonction de la taille de la forêt.

B. & F. : Votre travail s’arrête–t–il à la rédaction du document ?

F. B. : Non, généralement, une fois le document agréé, l’expert forestier assiste le propriétaire pour la mise en œuvre des opérations prévues dans le document de gestion. Il s’agit particulièrement de la mise en vente des bois et de l’assistance aux travaux comme les reboisements, les entretiens ou la création d’équipements comme les pistes ou aires de stockage. Chaque plan de gestion est attaché à une propriété forestière. En cas de mutation, l’expert forestier peut assister le nouveau propriétaire pour appliquer le plan, en l’adaptant si besoin. La continuité de la gestion sera ainsi assurée.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
CRPF
4ème trimestre 2013 84 L’Interview
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