Très souvent planté comme arbre d’alignement et d’ornement, le platane n’est jusqu’à ce jour que peu utilisé en tant qu’arbre forestier. On lui reconnaît pourtant une excellente vigueur et une très bonne capacité à résister aux mauvais traitements. Il a montré sa bonne tenue au vent lors de l’ouragan de décembre 1999, provoquant un regain d’intérêt alors même qu’il était étudié depuis plus de vingt ans.
De son vrai nom Platanus hybrida (ou acerifolia), il est issu d’un croisement entre le Platanus orientalis et le Platanus occidentalis. C’est un arbre qui apprécie les terrains plutôt frais, voire humides s’il n’y a pas de risque d’asphyxie du sol dès la surface. En dehors des extrêmes, le pH lui est quasiment indifférent. Il peut être planté dans des terrains très variés, mais il trouvera son optimum dans les vallées. Le platane devient une bonne alternative au Peuplier dans les stations mal approvisionnées en eau. Il supporte une ombre partielle durant son jeune âge, mais a ensuite besoin de plus de lumière, nécessitant une sylviculture dynamique.
Les petits bois exploités en première éclaircie sont destinés au chauffage, à l’emballage, mais aussi à la fabrication des pièces d’ébénisterie, de menuiserie ou de lutherie . Pour des diamètres plus gros, les utilisations sont proches de celles du hêtre (ameublement, menuiserie intérieure…), car les bois de ces deux essences se ressemblent beaucoup. Le prix du bois de qualité, tranchage ou déroulage, peut atteindre 1 000 euros le mètre cube. Celui des qualités sciage descend rarement en dessous de 45 euros le mètre cube, et 25 euros pour le petit sciage.
Depuis 1987, la coopérative forestière garonnaise suit une vingtaine d’essais de plantations de platane dans le Tarn et Garonne, sur une trentaine d’hectares. Traité en taillis, son rendement atteint 8 m3 par hectare et par an à la 1ère rotation et 10 m3 par hectare et par an dès la 2ème rotation. La qualité des arbres est homogène et une sélection parmi les brins de taillis permet de produire facilement de petites grumes.
En Espagne aussi, et plus particulièrement en Catalogne, le platane fait l’objet d’études portant sur les provenances, la production de plants par bouturage et la mise en valeur des peuplements sur souches. Les industriels espagnols valorisent d’ailleurs couramment son bois et en sont satisfaits.
Le platane connaît peu de problèmes sanitaires, sauf dans le Sud-est de la France, où l’anthracnose et le chancre coloré entraînent d’importantes mortalités. Ces deux maladies sont arrivées en France lors du débarquement américain en Provence. Certaines caisses de transport de matériels étaient en platane et porteuses de spores. L’histoire se répète puisque l’endothia du châtaignier est arrivé en France dans un contexte tout à fait similaire…Ces maladies se propagent par les blessures et plaies de l’arbre occasionnées en particulier lors des tailles et peuvent tuer un arbre en 2 ou 3 ans.
C’est pourquoi, afin de limiter l’extension des problèmes sanitaires, l’Institut National de la Recherche Agronomique préconise de ne pas lésiner sur le temps de badigeonnage des plaies de taille et d’élagage.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Cédric Coureau CRPF | 1er trimestre 2003 | 41 | Technique |