La Société Forestière de la Caisse des Dépôts et Consignations publie chaque année les chiffres relatifs aux ventes de forêts. Le constat est clair : l’engouement pour la forêt ne faiblit pas puisque depuis 6 ans le prix moyen des forêts françaises a augmenté de 37 % en euros constants, pour atteindre désormais 4120 € par ha.
Bien entendu, il s’agit là d’une moyenne qui doit être nuancée. Tout d’abord, ces chiffres portent sur un volume annuel de transactions qui ne correspond qu’à 1 % de la forêt privée, ce qui est faible.
Par ailleurs, 10 % des forêts se négocient à moins de 640 € par hectare alors que 10 % se vendent à plus de 7500 € par hectare. Ces disparités sont classiquement expliquées par la valeur des arbres, par les potentialités des terres, les possibilités d’accès aux parcelles, le morcellement du foncier…
Un phénomène relativement récent vient perturber les règles établies : la séparation de plus en plus nette entre les fonctions de production et les fonctions de loisirs. Les forêts situées aux alentours des grandes villes se négocient plus cher que les forêts « rurales ». Ainsi, pour une augmentation de 30 % entre 1997 et 2004 dans le grand Ouest, le prix des forêts progresse de 91 % en région PACA, plus urbanisée. De la même manière, une forêt avec du bâti se négociera 30 % de plus qu’une forêt sans bâti. Le phénomène chasse n’est pas non plus à négliger. La possibilité de louer un droit de chasse donne de la valeur au patrimoine forestier, valeur qui peut parfois supplanter celle liée à la production de bois.
On peut donc séparer le marché des forêts en deux catégories : d’une part les forêts de production, dans lesquelles les acheteurs gardent confiance malgré la baisse actuelle des prix du bois et d’autre part les forêts à vocation sociale ou environnementale dont les prix augmentent plus rapidement et sont déconnectés des cours du bois.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Arnaud GUYON CRPF | 2ème trimestre 2006 | 54 | Economique |