La tempête qui a fait rage dans la nuit du 27 décembre dernier a sinistré un quart des forêts de notre région. Avec des vents dépassant par endroits les 200 km/h, de nombreux peuplements ont été décimés dans leur quasi-totalité. Au total, c’est environ 12 millions de m3 qui se sont retrouvés à terre, soit environ sept fois la récolte annuelle de bois. Ces chiffres sont le résultat de missions aériennes étayées par des relevés de terrain. Ce ne sont évidemment que des estimations à 30 % près.
Ce sont les deux Charentes qui ont payé le plus lourd tribu à cette catastrophe avec pour chaque département un même volume de 4,5 millions de m3 abattus. Les dégâts dans la Vienne et les Deux-Sèvres sont surtout localisés dans le sud et dans les secteurs populicoles.
En raison de la pluviométrie élevée du mois de décembre, les sols, pour la plupart détrempés, expliquent la forte proportion d’arbres déracinés. C’est essentiellement dans les deux Charentes que les résineux ont été cassés par l’ouragan. La moitié des forêts résineuses est sinistrée, en raison de la forte prise au vent de leur houppier.
Les peuplements ont été endommagés à des degrés divers par la tempête. Même les jeunes pins du Sud de la région ont été couchés par les vents violents, ce qui compromet fortement leur avenir. Le peuplier, planté généralement en terrain humide, a été très sensible au déracinement. Les dégâts concernent essentiellement les peuplements de plus de 10 ans. Certaines zones de taillis de châtaignier sont fortement touchées avec une proportion importante de cépées déracinées. Ceci pose le problème de leur pérennité.
Les peuplements feuillus à base de chêne ont généralement mieux résisté à la tempête. Sur des arbres feuillés, les conséquences auraient été plus dramatiques. Pour cette essence, les dégâts concernent en premier lieu les futaies.
Enfin, il semble que l’ouragan ait eu un comportement de couloir qui a décimé les peuplements sur certaines zones et épargné, dans une certaine mesure, des massifs qui leur était relativement proches.
La filière tente de s’organiser pour mobiliser le plus vite possible le maximum de bois grâce aux aides de l’Etat et des collectivités. Il s’agira ensuite de reconstituer le patrimoine forestier décimé par la tempête. C’est, sans aucun doute, un travail qui va demander bonne volonté et persévérance mais qui est indispensable pour la pérennité de la filière bois et l’attrait de notre région.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Xavier Bartet CRPF | 1er trimestre 2000 | 29 | Technique |