Autrefois appelé le « roi des cailles », le râle des genets appartient à la discrète famille des rallidés. C’est un grand migrateur, qui passe l’hiver en Afrique de l’Est, au sud du Sahara. Dans notre région, son milieu de prédilection, où il arrive courant avril pour se reproduire, est la prairie naturelle alluviale de fauche, d’une hauteur d’environ 30 cm, idéale pour se camoufler et installer son nid.
Difficile à observer, sa présence n’est guère révélée que par son cri, qui fait penser au bruit d’un pouce appuyant sur les dents d’un peigne…son nom latin l’illustre assez bien : Crex crex…. Omnivore, appréciant escargots, vers et insectes, le râle pond entre la mi-mai et la fin juillet de 8 à 12 œufs. Les poussins sont très discrets et grandissent rapidement, pour repartir avec leurs parents en octobre.
L’espèce est avant tout menacée par la transformation de son habitat (mises en cultures diverses, quelquefois plantations de peupliers). Elle est inscrite sur les listes rouges française et mondiale, les effectifs ne cessant de décroître au fil des ans malgré des efforts de gestion concertée et de sauvegarde des noyaux « durs » de reproduction.
Parmi les méthodes préconisées pour gérer les prairies reconnues comme essentielles à conserver en tant que « noyaux » de reproduction, la fauche dite "sympa" consiste à ne commencer l’opération que tardivement, début juillet ou vers la mi-juillet, et de l’effectuer en partant du centre de la parcelle vers la périphérie et non l’inverse. Les oiseaux peuvent ainsi s’échapper. Dans le cadre de mesures agri-environnementales, les exploitants agricoles peuvent bénéficier de subventions pour compenser les manques à gagner et bénéficier de l’assistance du Conservatoire régional d’espaces naturels et des associations naturalistes pour gérer leurs terrains. Les peupleraies peuvent être d’excellentes zones de refuge pour cet oiseau, quand elles sont broyées tardivement. A ce titre les populiculteurs devraient bientôt pouvoir obtenir de telles subventions.
Le CRPF travaille depuis plusieurs années avec les naturalistes, pour trouver un consensus sur l’utilisation du territoire en vallées alluviales, notamment celle de la Charente. Les zones favorables ou défavorables aux peupliers sont ainsi recensées, de même que celles qui le sont pour l’oiseau ; le croisement des deux approches permet de concilier sylviculture et prise en compte d’une espèce en danger.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Alain Persuy CRPF | 3ème trimestre 2004 | 47 | Environnement |