Le séchage naturel ou artificiel est nécessaire pour une bonne utilisation du bois, qu’il soit destiné au chauffage, à la charpente, à la menuiserie ou à l’ébénisterie. C’est un atout majeur pour la commercialisation des produits : cette prestation garantit en effet à l’utilisateur final la possibilité de mettre immédiatement en œuvre le bois qu’il achète en limitant les risques de mauvaises surprises.
Le bois est un matériau vivant, en ce sens qu’il peut aussi bien perdre de l’eau qu’en reprendre. Le bois d’un arbre sur pied contient 300 à 600 litres d’eau par mètre cube. Cela représente un taux d’humidité de 80 à 100 % par rapport à la masse sèche pour le chêne ou le châtaignier et de 100 à 200 % pour le peuplier.
Un sciage sec à l’air peut lui contenir 30 % d’humidité. Mis en œuvre dans un environnement très sec, il va encore perdre de l’eau, et donc se rétracter. On imagine facilement les conséquences, par exemple sur la stabilité d’un meuble. En effet, lorsque l’eau quitte les cellules, celles-ci se rétrécissent. On observe alors une diminution progressive de la largeur et de l’épaisseur du sciage : c’est ce que l’on appelle le retrait. L’impact sur la longueur d’une pièce est par contre négligeable. Ainsi, le séchage d’une planche de chêne ou de frêne entraîne une réduction de 15 à 20 % de son volume initial, 11 à 13 % pour du châtaignier ou du noyer. Cette notion est donc particulièrement importante pour définir la section de sciage en fonction des dimensions recherchées après séchage. A l’inverse, un bois dont le taux d’humidité a été ramené à 15 % et placé dans un contexte humide, va reprendre de l’eau et gonfler. C’est cette particularité qui permettait à nos ancêtres de fendre de gros blocs de rocher avec de simples coins de bois, en l’absence d’outils métalliques.
Pour sécher du bois, il faut contraindre l’eau qu’il contient à se rapprocher de la surface pour être ensuite évaporée. La vitesse et les conditions dans lesquelles se déroulent ces phénomènes, requièrent une certaine maîtrise. Lorsque le procédé de séchage est mal contrôlé, en particulier lorsqu’il est trop brutal, cela provoque un déséquilibre dans l’organisation des cellules du bois, et entraîne des déformations telles que le tuilage, le cintrage ou le voilement.
Le séchage à l’air libre est encore pratiqué. Il est certes plus long, mais induit peu de déformations dans la mesure où il est très progressif. Il ne nécessite pas de gros investissements, mais plutôt beaucoup de place. Son principal inconvénient est qu’il ne permet pas d’abaisser le taux d’humidité du bois en dessous de 15 %. Son coût élevé est lié à la durée d’immobilisation du stock.
De nombreuses utilisations nécessitent un bois à moins de 14 % d’humidité. Le séchage artificiel est alors indispensable. Ainsi, pour un emploi en parqueterie, le taux d’humidité doit être abaissé entre 9 et 12 %, alors qu’un taux de 17 à 23 % est suffisant pour du bois de charpente.
Le bois est placé dans ce que l’on appelle des cellules de séchage pouvant contenir jusqu’à 300m3. Trois principaux procédés existent : à air chaud climatisé, par déshumidification de l’air, et sous vide. On peut alors obtenir des produits dont le taux d’humidité approche les 8 %. Selon les essences et les dimensions des sciages, le coût moyen du séchage artificiel se situe entre 30 et 60 € HT/m3. Mais le temps de séchage est alors 7 à 15 fois plus court !
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Yves Lacouture CETEF | 2ème trimestre 2004 | 46 | Economique |