- Le temps travaille pour le Blanc du Poitou -

Bien que le Blanc du Poitou possède une croissance moins importante que des variétés plus récentes, celui-ci pousse de façon régulière jusqu’à un âge avancé. Le bilan de l’expérimentation menée sur le peuplier en Poitou-Charentes confirme cette particularité.

Au bout de 13 ans, le Blanc du Poitou atteint une croissance moyenne de 7 cm/an sur la circonférence. Ces résultats sont obtenus tous facteurs confondus (sol, entretiens…). Au cours de cette période, la croissance du Blanc est comparable à celle du I 45.51. En revanche, elle est inférieure à celle de clones plus récents, notamment Dorskamp. Au bout de 13 ans, ce dernier enregistre un gain de croissance de 12 % par rapport au Blanc. Mais cette avance s’estompe fortement avec le temps. A 17 ans, lorsque la vigueur du Dorskamp diminue, l’écart n’est plus que de 7 % entre ces deux clones. A ce moment là, la croissance moyenne du Blanc atteint presque 8 cm/an pour une circonférence d’environ 141 cm.

L’expérimentation a également permis de préciser les exigences du Blanc du Poitou vis à vis de la station. Les sols tourbeux ou argilo-limoneux, avec une nappe alluviale proche de la surface (50 à 80 cm en été) lui conviennent parfaitement.

Par ailleurs, les essais ont démontré que le Blanc du Poitou réagissait très faiblement au travail du sol.

Le Blanc du Poitou nécessite un suivi individuel simple. Lors des tailles de formation, des charpentières sont à supprimer. Par la suite, les élagages ne posent pas de difficultés particulières.

Le Blanc du Poitou ne présente pas de problèmes sanitaires graves. Cependant il peut être touché par la cloque dorée. Il est moyennement sensible aux rouilles à Melampsora. Par contre on déplore des dégâts liés aux attaques d’écureuils. Saperdes et charançons peuvent également lui causer des dommages.

Ce cultivar traditionnel est donc bien adapté à une populiculture extensive avec un cycle de production plus long.

L’histoire d’un peuplier  : le Blanc du Poitou

Apparu vers 1870 dans le Marais Poitevin, le Blanc du Poitou a une origine mal connue. Il serait le fruit d’une hybridation naturelle ou artificielle entre des peupliers noirs locaux et un peuplier de Virginie. Ce dernier fut importé en France, vraisemblablement à l’occasion des échanges entre l’Europe et l’Amérique. Rapidement remarqué pour sa vigueur, le "Blanc" constitue dès la fin du XIXème siècle, l’essentiel des plantations du Marais Poitevin ainsi que de la vallée de la Boutonne toute proche. Sa grande longévité lui a permis d’atteindre des dimensions exceptionnelles surtout lorsqu’il est planté en bordure de canaux. Au cours du XXème siècle, le Blanc du Poitou a accompagné l’une des grandes révolutions de la technologie du bois : le déroulage. Aujourd’hui, ce cultivar représente encore 10 % des plants vendus dans la région.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Alain ROUSSET
ADEP
4ème trimestre 2000 32 Essences
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