La disponibilité en peuplier de notre région a été amputée de plus de 70 % par la tempête de 1999. Elle ne retrouvera son niveau d’alors qu’après 2020.
Cette analyse a été établie dans le cadre d’une étude prospective menée par l’AFOCEL (Association FOrêt CELlulose). Le travail, financé entre autres par le Ministère de l’Agriculture, le Conseil Régional de Poitou-Charentes et la profession, a permis d’analyser l’état des peupleraies avant et après la tempête de 99 et de calculer la récolte potentielle jusqu’en 2020.
Ainsi, le volume total de peupliers sinistrés en France a été estimé à 4 millions de m3, soit l’équivalent de deux années de récolte. Il a été démontré que, globalement, la peupleraie française pouvait supporter le choc de la tempête et répondre de façon satisfaisante à la demande des industriels pendant les vingt années à venir. Ce constat optimiste est largement nuancé : 75 % des dégâts sont concentrés dans les régions Poitou-Charentes et Champagne Ardenne.
Pour ces dernières, la disponibilité en peuplier a été durablement affectée. Dans notre région, durant la période 2003–2005, elle devrait être inférieure de 73 % à celle de 1999.
La différence ne commencerait à s’estomper qu’après 2010. Néanmoins, de 2016 à 2020, elle resterait encore inférieure de 40 % par rapport à la récolte d’avant tempête.
En attendant de combler son déficit en bois, le rapport montre que Poitou-Charentes pourrait s’approvisionner dans les vallées de la Loire et de la Garonne. Dans ces deux régions, le récent boisement d’importantes surfaces, avec des cultivars performants, va très prochainement constituer une ressource en peuplier de première importance. Il reste à savoir si ces bois seront suffisamment attractifs pour nos industriels locaux (coût du transport, prix d’achat …).
Après 2020, la région devrait retrouver une ressource satisfaisante. Cependant, l’étude de l’AFOCEL a bien démontré que cette situation ne sera possible qu’à certaines conditions. Ainsi, il est avant tout primordial de reconstituer la majeure partie des surfaces sinistrées. De plus l’utilisation de cultivars à forte croissance permettra de retrouver plus rapidement des potentialités de récolte correctes. Pour atteindre ce but, il sera également nécessaire de récolter plus tôt des bois de moindre dimension qu’auparavant. L’entretien individuel des arbres (taille et élagage) sera incontournable pour la production de bois de qualité. Ils seront d’autant plus faciles à vendre qu’ils correspondront aux attentes de l’industrie. Enfin, il faut souligner que la meilleure garantie pour atteindre tous ces objectifs est de poursuivre le regroupement des propriétaires. Cela est vrai tant pour la reconstitution des peupleraies que pour leur gestion technique et économique.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Alain Rousset ADEP | 2ème trimestre 2004 | 46 | Essences |