L’ouragan Martin a représenté une catastrophe économique pour la forêt des deux Charentes. Au lendemain du 27 décembre 1999, près de 32 000 hectares sinistrés à plus de 50 % nécessitaient d’importants travaux.
Le plan chablis rapidement mis en place par le Gouvernement a permis le versement de 71 millions d’euros de subventions sur dix ans pour la remise en état de la forêt. Ainsi, 23 000 hectares ont été exploités et nettoyés de leurs chablis et 16 000 hectares ont été reconstitués, représentant 24 millions d’arbres. 50 % des surfaces sinistrées ont aussi été reboisées. La différence de 7 000 hectares correspond aux taillis nettoyés qui se sont régénérés naturellement et pour lesquels un reboisement n’était pas nécessaire.
Dans le secteur le plus atteint, au sud des Charentes, l’ampleur des travaux réalisés a permis la reconstitution d’un massif de Pin maritime de 12 000 hectares.
A partir de 2014, ces jeunes peuplements entreront en production par la réalisation des premières coupes d’éclaircie. La rotation entre deux passages en éclaircie étant de 5 à 6 ans, ce seront donc plus de 2 000 ha qu’il faudra parcourir annuellement.
Cela représente plus de 100 000 stères de bois à couper, à débarder et à transporter chaque année. Ces travaux assureront du travail pour 8 machines combinées d’abattage et 6 débardeurs pendant 25 années. Le transport vers les usines utilisatrices nécessitera 11 rotations de camions semi-remorques chaque jour. Les coupes d’éclaircie assureront un revenu de 550 000 euros chaque année à la multitude des propriétaires forestiers, qui a reboisé suite à la tempête.
Mais la part la plus importante du bois sera exploitée lors de la coupe rase des peuplements arrivés à maturité vers l’âge de 45 ans. A partir de 2046, 360 000 mètres cubes de bois d’œuvre résineux seront coupés chaque année pour régénérer ce massif. Le revenu atteindra annuellement près de 11 millions d’euros, et ceci pendant 10 ans, sans compter les sommes liées aux emplois induits.
L’effort de reconstitution entrepris après la tempête, complété par la mise en œuvre d’une sylviculture dynamique, s’apparente donc à un investissement qui pourrait permettre de structurer une filière bois résineux, insuffisamment présente dans la région.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| JM Clupeau - JM Mounier CRPF-AMVFS | 4ème trimestre 2009 | 68 | Economique |