On regroupe, sous ce terme, l’ensemble des arbres qui sont laissés dans les peuplements après leur mort ou qui se creusent progressivement de cavités. Dans les forêts naturelles, ils restent jusqu’à leur décomposition complète. Dans les forêts gérées, la consigne a souvent été donnée de les éliminer lors des passages en éclaircie ou au moment des coupes.
Les arbres morts sur pied sont présents dans la plupart des peuplements forestiers. Leur volume à l’hectare augmente sensiblement au fur et à mesure que le peuplement vieillit. L’Inventaire effectué dans les années 1993-1996 par l’IFN fait ressortir que le volume des arbres morts en Poitou-Charentes avoisine les 500 000 m3.
Cette donnée est toutefois très fluctuante, elle peut en effet passer d’un extrême à l’autre au sein d’une parcelle après une intervention sylvicole.
L’ouragan « Martin » du 27 décembre 1999 a entraîné une augmentation généralisée du volume des arbres morts en forêt.
Les arbres morts constituent un milieu de vie extrêmement riche
d’un point de vue biologique. Ils sont un support favorable au
développement des champignons supérieurs qui participent
au recyclage de la matière organique et un biotope précieux
pour les insectes. Des espèces protégées telles que la Rosalie
des Alpes, le Pique prune, le Grand capricorne, le Lucane cerfvolant…
y trouvent abri et nourriture. Il convient toutefois d’être
prudent face au risque de développement d’espèces parasites
qui peuvent attaquer de jeunes plantations : cas des scolytes.
Les cavités sont des refuges pour les oiseaux : pics, chouettes
hulottes et chevêches…
Les petits mammifères s’y abritent également : écureuils, martres,
genettes, chauves-souris…
L’exploitation systématique des arbres morts ou dépérissants lors des passages en coupes rases et d’amélioration supprime l’habitat de nombreuses espèces.
Conserver sur pied des arbres dépérissants, à cavités ou morts afin de maintenir des populations viables de faune et de flore liées à ces habitats.
Dans tous les cas, on maintiendra deux à
six arbres morts, dépérissants ou à cavités par
hectare et dispersés dans l’espace. Dans les
peuplements irréguliers, ces arbres seront
choisis dans toutes les catégories d’âges.
Les sujets présentant des cavités seront
retenus en priorité.
Aucun arbre mort ou dépérissant ne sera
conservé en bordure d’allées ou de chemins ruraux.