La majorité des chantiers d’exploitation de chablis résineux est actuellement mécanisée. Compte tenu de l’enchevêtrement des bois, de la difficulté d’organisation des coupes et de la dangerosité du travail, la mécanisation est devenue indispensable, surtout dans les petits bois.
Néanmoins, pour faciliter le travail des machines, et donc maintenir un niveau de rendement suffisant, l’intervention préliminaire d’un bûcheron s’avère souvent nécessaire.
En effet, la manipulation des arbres renversés nécessite pour le chauffeur certaines précautions, car la perception des obstacles est rendue particulièrement compliquée. Il faut pouvoir séparer le tronc de la souche sans endommager l’organe de coupe de la tête d’abattage et éviter au système hydraulique de forcer inutilement. Dans ces conditions, on imagine facilement les conséquences sur le rendement de la machine, et donc sur le prix de revient du façonnage du bois.
Lorsqu’un ou plusieurs bûcherons interviennent d’abord, leur rôle consiste simplement à couper le tronc le plus près possible de la souche. Il reste à la machine à ébrancher et billonner les troncs. Son rendement ne diminue alors que de 20 % en moyenne et s’établit aux alentours de 130 à 140 stères/jour. Mais sans l’aide de bûcherons, le rendement normal d’une machine peut baisser jusqu’à 50 %.
Sur la base d’une journée de bûcheronnage à 1000 F/personne, le coût de cette intervention ramené au stère, est de l’ordre de 8 F. En incluant, le coût du débardage, qui lui n’a quasiment pas bougé, on arrive à un prix de revient global de l’exploitation compris entre 80 et 100 F/stère. Dans les petits bois résineux, cela représente une hausse d’environ 25 à 30 % par rapport à une exploitation mécanisée normale.
Dans ce contexte, on voit que la machine ne remplacera jamais tout à fait l’homme. Aujourd’hui elle en est même tributaire. Le plus paradoxal, c’est d’ailleurs la pénurie de main d’œuvre qualifiée pour faire fonctionner ces abatteuses.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Yves Lacouture CETEF | 3ème trimestre 2000 | 31 | Technique |