Avant de réaliser un boisement ou un reboisement, le forestier doit prendre le temps d’étudier le sol. Tous les terrains ne méritent pas d’être plantés et chaque essence a des exigences particulières. L’analyse du sol est donc une étape indispensable qui doit précéder les plantations. Pour réaliser ce diagnostic, il faut au minimum prélever un échantillon du sol à l’aide d’une tarière. Une attention particulière sera portée aux facteurs limitants présentés ci-après, notamment dans le contexte des réflexions sur le changement climatique.
Une faible profondeur du sol limite les possibilités d’alimentation et d’ancrage des arbres. Les sols dits « superficiels » de moins de 30 cm ne devront pas être boisés à des fins de production de bois. En présence d’argile ou de roche-mère compactes, les racines pourront difficilement se développer. Dans le cas d’une roche-mère fissurée ou d’une forte charge en cailloux, la profondeur prospectable pourra être augmentée par sous-solage.
Un engorgement permanent du sol qui se caractérise par une couleur gris-bleu ou gris-vert sera néfaste pour la plupart des essences, même pour le peuplier. Mais si l’engorgement est temporaire (présence de taches de rouille dans le sol), certaines essences peuvent être plantées. C’est le cas du peuplier en vallée et des chênes ou pins sur plateau. Plus le phénomène d’engorgement est profond, moins ses conséquences seront graves sur le développement des arbres.
Une texture (proportion de sable, argile, limon) déséquilibrée a également des effets néfastes. L’excès d’argile donne des sols compacts, engorgés en hiver, voire séchants en été. Une proportion abondante de sable implique des sols filtrants, qui ne retiennent pas l’eau. Les sols trop limoneux sont sensibles au tassement par le passage des engins forestiers.
La pauvreté chimique du sol est rédhibitoire pour les feuillus précieux. En règle générale, plus les terrains sont acides moins ils sont riches. Attention cependant, les sols très basiques peuvent poser des problèmes à certaines essences comme le châtaignier.
Les grandes tendances énoncées ci-dessus doivent cependant être nuancées, car tous ces facteurs interagissent. D’autres paramètres entrent également en ligne de compte, telles la position topographique et les données climatiques.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-François Rabin | 2ème trimestre 2008 | 62 | Technique |