On trouve dans notre région 22 espèces de chauves-souris sur les 33 qui existent en France. Pouvant vivre jusqu’à 30 ans, ces animaux aux mœurs nocturnes ou crépusculaires s’avèrent d’excellents auxiliaires du forestier. En effet, elles participent à l’équilibre biologique en consommant un grand nombre d’insectes.
Trois d’entre elles sont purement forestières : la Noctule commune, la Noctule de Lesler et le Murin de Bechstein. Elles gîtent dans les arbres, utilisant les anfractuosités disponibles telles les écorces soulevées, trous et fissures.
De nombreuses chauves-souris chassent dans les peuplements forestiers. Les techniques diffèrent suivant les espèces, ce qui permet leur cohabitation. L’Oreillard et la Noctule se nourrissent à la cime des arbres. Le Murin de Daubenton chasse, lui, à ras de terre, le long des allées et des lisières. Il préfère les forêts feuillues âgées pourvues d’une strate arbustive. Le Murin à moustaches fréquente les milieux semi-ouverts, les clairières et les chemins, tandis que le petit Rhinolophe guette parfois à l’affût papillons et mouches en se déplaçant très peu à découvert. La Barbastelle chasse parmi les feuilles mortes. Elle se nourrit également en forêts de conifères, où elle mange de petits papillons, comme les pyrales.
Les proies sont principalement des insectes, essentiellement des papillons nocturnes, des moustiques, voire des perce-oreilles et des araignées, capturés sur les feuilles et même à terre. Une chauve-souris, pesant parfois moins de 10g, peut consommer jusqu’à 1,8 kg d’insectes en une saison !
Pour aider au maintien des populations, voire les développer, plusieurs conseils peuvent être donnés. Tout d’abord, l’amélioration de la capacité d’accueil du milieu s’avère essentielle. Il s’agit de conserver un sous-étage diversifié, une mosaïque d’habitats ainsi que des zones humides. Il est ensuite recommandé de maintenir à l’hectare 2 à 6 vieux arbres, sénescents ou à cavités (*). Enfin, dans les peuplements jeunes, la pose de nichoirs est une technique efficace et peu onéreuse.
Outre l’avantage que peut en tirer le sylviculteur, ces préconisations sont d’autant plus importantes que nombre d’espèces sont menacées et que toutes sont protégées par la loi.
(*) sauf le long des chemins et des routes pour d’évidentes raisons de sécurité.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Alain Persuy CRPF | 2ème trimestre 2005 | 50 | Environnement |