- Les chênes à feuilles persistantes sont adaptés à la sécheresse -

Parmi les chênes (Genre Quercus), trois espèces dites méditerranéennes pourraient se développer en Poitou-Charentes dans un contexte de réchauffement climatique. Ce sont des végétaux à feuilles persistantes, qui demandent de la chaleur pour croître (espèces thermophiles). Ces chênes s’accommodent de milieux secs (espèces xérophiles) et ne se développent qu’en pleine lumière (espèces héliophiles). Il s’agit du Chêne vert, du Chêne liège et plus accessoirement du Chêne kermès.

Chêne vert Le Chêne vert (Quercus ilex) est déjà présent, notamment sur les coteaux calcaires exposés au sud et les sols sableux de la côte atlantique. Cet arbre de 5 à 20 m de haut, présente des feuilles coriaces de 3 à 7 cm de long qui sont dentées et épineuses sur les jeunes rameaux et entières sur les vieilles branches. Leur face supérieure est luisante, vert foncé, alors que la face inférieure est duveteuse et de couleur blanchâtre. Le gland est brun, terminé par une pointe dure. Sa cupule est grise, pubescente et sans écaille saillante. Le tronc est souvent tortueux avec une écorce noirâtre fissurée en "petites écailles carrées". Le Chêne vert peut croître sur des sols très différents. Il supporte les grands froids et peut vivre plus de 500 ans.

Chêne liège Le Chêne liège (Quercus suber) se rencontre aussi en Poitou-Charentes à l’état disséminé voire en petits bouquets, souvent associé au Chêne tauzin et au Pin maritime. C’est un arbre qui peut atteindre 15 m de haut. Ses feuilles sont coriaces, dentées et épineuses de 3 à 5 cm de long. Bombées et vert sombre luisant sur le dessus, elles sont gris blanchâtre et duveteuse sur la face inférieure. Le gland est rouge brique, allongé et terminé par une pointe velue. La cupule est conique, grise avec des écailles lâches et velues. Le tronc est court avec une écorce liégeuse fortement crevassée et boursouflée dont l’épaisseur peut atteindre 15 à 20 cm. Elle protège l’arbre du feu et a la faculté de se reformer après prélèvement. Le Chêne liège ne pousse que sur les sols sains, acides à texture sableuse ou limoneuse. Il craint les grands froids et peut vivre 200 à 300 ans.

Le Chêne vert et le Chêne liège présentent un bois dense, extrêmement dur avec des cernes d’accroissement peu visibles. Ces bois sont très difficiles à travailler et se déforment au séchage. Ce sont par contre d’excellents bois de chauffage. Si le liège n’est pas récolté en Poitou-Charentes, le chêne vert est lui couramment planté comme chêne truffier.

Chêne Kermès Le Chêne kermès (Quercus coccifera) ou chêne des garrigues est totalement absent de notre région. Le nom de "Kermès" vient d’une cochenille qui le parasite Kermes vermilio dont on tirait une teinture rouge écarlate. Cet arbrisseau dépasse rarement 2 m de haut. Les feuilles sont petites (2 cm de long), ovales et très coriaces. Bordées de dents épineuses, elles sont glabres et vert clair sur les deux faces. Les glands sont petits, vert brillant à brun et isolés. La cupule qui les enveloppe sur plus du tiers de leur hauteur est couverte d’écailles saillantes et piquantes.

Ce chêne forme des buissons compacts par drageons et rejets, composés de tiges rigides enchevêtrées, presque piquantes qui persistent longtemps à l’état sec. Le Chêne kermès ne croît que sur les sols secs, de préférence calcaires voire rocheux. Il supporte les vents et les embruns mais craint le froid. Exploité autrefois pour son tanin (écorce et racines) et en bois de feu, il ne présente plus d’intérêt économique.

Ces trois chênes surtout cantonnés à la région méditerranéenne présentent peu d’intérêt pour la production de bois. Mais adaptés aux stations sèches voire arides et non abroutis par les animaux, ils s’avèrent d’excellents fixateurs des sols dans des conditions difficiles. Leur contribution à la biodiversité des milieux forestiers secs est par ailleurs conséquente.

Récolte liège

Production du liège : Le liège qui se développe naturellement sur le tronc et les branches de l’arbre est appelé "liège mâle". Epais, il se crevasse fortement en vieillissant, devient compact, dépourvu d’élasticité, ce qui le rend impropre à la fabrication de bouchons. Ce liège de peu de valeur est utilisé pour la fabrication d’agglomérés. Il peut être retiré de l’arbre lorsque ce dernier a atteint une circonférence d’environ 60 cm à 1,30m du sol, c’est-à-dire à un âge compris entre 30 et 40 ans. Cette opération, appelée démasclage, est effectuée la première fois sur 1m de haut. Les prélèvements suivants récolteront tous les 9 à 15 ans un produit de qualité appelé « liège femelle de reproduction" plus régulier, plus homogène, plus élastique et moins crevassé. La hauteur de récolte pourra atteindre à terme 2,50 m.
Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Patrick Castano
CRPF
2ème trimestre 2010 70 Essences
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