La gestion traditionnelle des taillis par coupe unique tous les 25–30 ans ne permet pas de produire des châtaigniers assez gros pour répondre à la demande du marché actuel du sciage. En effet, les dimensions des produits standards ont progressivement augmenté : la largeur des lames de parquets est passée de 6-8 cm à 10-15 cm en vingt ans. De plus, la production de billottes (diamètre de 20 cm fin bout) est faible en gestion traditionnelle alors que ces produits se vendent sur pied trois fois plus cher que le piquet. Pour augmenter la proportion de sciage, le propriétaire peut être tenté de reculer l’âge de la coupe rase. Cette solution est à éviter en raison des problèmes de roulure et de dépérissement. L’alternative consiste à éclaircir les taillis dès qu’ils ont 8 à 12 ans.
Avant de se lancer dans cette opération, il est nécessaire de vérifier que le taillis est améliorable : il doit avoir à 10 ans une hauteur supérieure à 10 m et être exempt de maladies. Une vingtaine d’années d’expérience ont permis de définir deux itinéraires techniques possibles pour cette opération.
Le premier consiste à réaliser deux éclaircies successives. A l’âge de 8-12 ans, la densité sera abaissée à 800-1000 tiges/ha bien réparties sur l’ensemble de la parcelle. La seconde intervention se fera 6 à 8 ans plus tard et consistera à détourer au moins une centaine de brins à l’hectare, choisis pour leur forme et leur vigueur (croissance moyenne sur la circonférence égale ou supérieure à 3 cm/an). Ce prélèvement représentera entre le tiers et la moitié du nombre de tiges.
Le second itinéraire consiste en une intervention unique, avant 15 ans, qui ne laissera que 500 –600 tiges/ha, bien réparties, qu’il faudra si besoin élaguer.
L’intérêt des éclaircies n’est aujourd’hui plus à démontrer. Mais elles sont peu réalisées à cause du coût du premier passage en coupe. Les bois étant encore petits, leur valeur est loin de rembourser les frais de marquage et d’exploitation qui atteignent souvent 1 000 €/ha. Dans le département voisin de la Dordogne, le renouveau du marché du bois de chauffage permet déjà de valoriser ce type d’éclaircie. Il est également possible pour le propriétaire de diminuer ce coût en réalisant lui-même le marquage après avoir participé aux réunions et aux stages proposés par les organismes forestiers.
Les beaux châtaigniers appartiendront à ceux qui s’y intéresseront… !
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-François Rabin CRPF | 1er trimestre 2007 | 57 | Technique |