CRPF - Poitou-Charentes Centre Régional de la Propriété Forestière de Poitou-Charentes

Accueil du siteSe former, s’informerBulletin bois et forêtsRubrique juridique et fiscaleLes frais de mutation peuvent être allégés en cas de vente de parcelles boisées

- Les frais de mutation peuvent être allégés en cas de vente de parcelles boisées -

Les frais liés aux ventes de petites parcelles forestières peuvent représenter 30 %, 50 % voire beaucoup plus, de la valeur du bien concerné. Ceci décourage souvent les acheteurs et freine la restructuration foncière des petits patrimoines. Pour pallier cette situation, certaines collectivités territoriales prennent en charge une partie des frais de mutation.

Lors d’une vente d’un bien immobilier forestier, autrement appelée mutation de propriété à titre onéreux, l’acheteur doit s’adresser à un notaire qui établira, en sa qualité d’officier public, un « acte authentique ». Ce professionnel prend en charge la rédaction du document ainsi que différentes formalités administratives. Ces procédures induisent des coûts : les droits et frais de mutation, souvent globalisés dans l’appellation « frais de notaires » ou « frais de mutation ».

Les droits de mutation sont liés à l’enregistrement de la vente et à la publicité foncière. Ils s’élèvent à 5,09 % de la valeur vénale du bien. Ils comprennent une taxe de 1,2 % perçue généralement au profit de la commune, un prélèvement de 0,29 % au profit de l’Etat et un droit de 3,6 % pour le Département. Celui-ci peut être abaissé sur décision du Conseil Général. La Charente-Maritime et la Vienne ont ainsi voté l’exonération de ce droit.

Les frais de mutation comprennent pour leur part la rémunération du travail du notaire (les émoluments) et diverses autres dépenses. Tout d’abord les émoluments proportionnels sont calculés par tranche de prix et correspondent à un tarif officiel dégressif.

Prix de la transaction 0 à 6500€ 6500 à 17000€ 17000 à 30000€ >30000€
Emoluments proportionnels 4%HT avec un minimum de 73€ 1,65%HT 1,10%HT 0,825%HT

Les notaires peuvent également facturer des activités de négociation, de transaction, de médiation. Ensuite les émoluments fixes et autres frais sont liés à diverses formalités et débours engagés pour le compte du client : copies authentiques, extraits cadastraux, états hypothécaires, … Par ailleurs, le conservateur des hypothèques perçoit 0,10 % de la valeur vénale du bien, au minimum 15 €.

Au final, l’ensemble des frais de mutation dépasse la plupart du temps 350 € pour des petites parcelles. Face à ces frais de mutations, souvent plus élevés que la valeur vénale d’une parcelle forestière, certaines collectivités territoriales ont choisi d’intervenir.

Sur l’ensemble du département de la Charente, une prime est accordée aux propriétaires forestiers qui acquièrent des parcelles boisées jouxtant leur propriété forestière. Son montant varie de 230€ pour l’achat d’une parcelle à 400 € pour 5 parcelles ou plus dans un même acte. Le propriétaire peut présenter au maximum 2 demandes par an. Il s’engage à garder la vocation forestière des parcelles, à assurer une bonne gestion sylvicole et à ne pas démembrer.

En Charente-Maritime, la communauté de communes de Haute Saintonge subventionne les acquisitions de parcelles boisées, à hauteur de 80 % des « frais » d’actes notariés. Les parcelles doivent être contiguës à la propriété boisée d’origine ou représenter au moins un hectare d’un seul tenant. L’aide est plafonnée à 300 € par acte. Le propriétaire s’engage à présenter une garantie de gestion durable.

En Deux-Sèvres, une prime est accordée aux propriétaires forestiers qui acquièrent des parcelles boisées jouxtant leur propriété forestière, sur les communes où un aménagement foncier est jugé possible. Cette prime s’élève à 80 % des « frais » d’actes notariés. L’aide concerne les transactions d’un montant total inférieur à 3000 € par an. Le propriétaire s’engage durant 15 ans, à garder la vocation forestière des parcelles, à assurer une gestion durable et à ne pas démembrer.

Enfin, le Conseil Général de la Vienne réfléchit actuellement à un dispositif d’aide aux acquisitions de parcelles boisées, selon des modalités proches de celles pratiquées par le département des Deux-Sèvres.

Avec l’aimable relecture de Maître RAGUIN

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Arnaud Guyon
CRPF
1er trimestre 2008 61 Juridique
Dans la même rubrique
  1. Les revenus annexes de la forêt sont soumis à impôt
  2. Trois formules pour les successions : partage, indivision ou groupement forestier
  3. Le plan de gestion est la meilleure garantie de gestion durable
  4. L’organisation du droit de chasse
    influe sur la maîtrise des populations de cervidés

  5. Les coupes de bois doivent être conformes à la réglementation
  6. Les plans locaux d’urbanisme et la gestion forestière
  7. Plantation d’arbres : gardez vos distances
  8. L’engrillagement d’un bois est un droit accompagné de certains devoirs
  9. Les limites floues du Bien Non Délimité
  10. Pas d’exonérations fiscales sans une garantie de gestion durable
  11. Simplification de la déclaration du revenu forestier
  12. Dégâts de gibier : la justice tranche en faveur d’un propriétaire forestier
  13. Les servitudes de passage peuvent être source de conflits entre propriétaires voisins
  14. Tout propriétaire forestier devrait assurer sa responsabilité civile
  15. PEFC : une réponse européenne appropriée aux défis de la gestion forestière durable
  16. De nouvelles réductions d’impôt sur le revenu
  17. Le coût de l’assurance dépasse le revenu forestier
  18. Les biens vacants et sans maître peuvent retrouver un propriétaire
  19. L’usufruitier entretien et fait prospérer le capital du nu-propriétaire
  20. Les différents périmètres de protection des captages d’eau
  21. Grâce au regroupement, même les petites parcelles
  22. La loi renforce le contenu et la valeur du plan simple de gestion
  23. Les frais de mutation peuvent être allégés en cas de vente de parcelles boisées
  24. Pas de coupes de bois sans formalités dans les sites inscrits ou classés
  25. Loi forestière : garanties de bonne gestion exigées
  26. Foncier regroupé, gestion facilitée
  27. Des documents d’objectifs pour la gestion des sites du réseau Natura 2000
  28. Cinquante ans d’allègements fiscaux pour les chênaies
  29. Tout faire pour éviter une tempête de feu
  30. Moins d’impôts pour les parcelles sinistrées
  31. Petites parcelles : l’union fait la force
  32. Le Plan de chasse : l’outil de la réconciliation forêt gibier
  33. Les bourses foncières : un outil souple pour lutter contre le morcellement
  34. Les coopératives forestières proposent une nouvelle garantie de gestion durable
  35. Le permis voiture souvent insuffisant pour conduire un tracteur
  36. La fiscalité s’adapte au cas des peupleraies
  37. L’accès du public en forêt n’est qu’une tolérance
  38. Les dégâts de grand gibier désormais indemnisés sous conditions
  39. En site Natura 2000, les documents de gestion forestière durable doivent être complétés
  40. La fiscalité forestière prend en compte les accidents climatiques
  41. Le désherbage chimique sur la sellette
  42. Le renouvellement de la forêt est encouragé fiscalement
  43. Préférence aux voisins pour la vente des parcelles boisées de moins de quatre hectares.
  44. Exonération temporaire d’impôt sur le foncier forestier forestier pour les régénérations
  45. Un nouveau conseil pour le CRPF Poitou-Charentes
  46. 5,5% : un seul taux de TVA pour les travaux forestiers
hepdotop : Classement de sites