- Les insectes xylophages des peuplier -

Les larves de ces insectes creusent des galeries dans le bois

Les insectes xylophages pondent leurs œufs en été dans les aspérités de l’écorce. Les cultivars à écorce épaisse et crevassée sont donc plus attaqués que les autres. C’est le cas pour ‘I.45-51’ et les clones deltoïdes (surtout ‘Alcinde’).

Tronc de peuplier détérioré par des galeries de la larve de la grande Saperde

LA GRANDE SAPERDE (Saperda carcharias)

  • La larve de ce longicorne est un gros ver blanc appelé “Turc’. Elle creuse une galerie verticale dans la partie inférieure du tronc des jeunes peupliers. Des trous accompagnés de rejets de sciure et d’écoulement de sève sont visibles dès le printemps.
  • Les larves commencent à s’enfoncer dans le bois dès mars, la nymphose s lieu en été. Le cycle peut s’étaler sur deux ans.
  • Dégâts : affaiblissement général des arbres et (ou) casse des arbres par le vent.

LA PETITE SAPERDE (Saperda populnea)

  • Elle sévit surtout en pépinière mais peut attaquer de jeunes plantations.
  • Symptômes : renflements semi-circulaires dans la partie supérieure des jeunes troncs et sur les rameaux latéraux.
  • Dégâts : casse des tiges ou des rameaux.

Charançon : ouvertures caractéristiques de galeries sur jeunes plants (photo CRPF Poitou-Charentes)

LE CHARANÇON DE LA PATIENTE (Cryptorrhynchus lapathi)

  • Sa larve mine le bois en provoquant des renflements autour du tronc des jeunes plants.
  • Il y a brunissure de l’écorce et rejets de sciure.
  • Dégâts : casse de la tige, affaiblissement du sujet.




LA PETITE SÉSIE (Sciapteron tabaniformis)

  • Elle s’en prend surtout aux jeunes plantations. Les dégâts se reconnaissent par la succession de renflements sur les tiges.

LA GRANDE SÉSIE (Aegerias apiformis)

La grande Sésie est un papillon

  • Elle attaque la base des tiges : le peuplier réagit au creusement des galeries par un renflement de son pied.
  • Les trous ne débouchent pas toujours sur l’extérieur et il n’y a pas forcément rejet de sciure.
  • Les galeries descendent dans les racines et provoquent à terme la pourriture du pied : l’arbre casse au ras du sol.
  • Les dégâts peuvent s’observer sur des arbres de tous âges.

LE COSSUS (Cossus cossus)

  • Ce papillon pond souvent sur les plaies d’élagage et autres blessures. La base du tronc peut être aussi touchée.
  • Sa grosse larve est d’une couleur rouge caractéristique.
  • On observe un écoulement de sève brunâtre sortant des trous avec rejet de sciure rougeâtre.
  • Dégâts : dépérissement et casse de l’arbre.

LA ZEUZÈRE (Zeuzera pyrina)

  • Papillon non spécifique du peuplier. Sa larve creuse de nombreuses galeries dans le tronc des arbres adultes.

LES AGRILES (Agrilus sp.)

Trois sortes d’agriles existent :

      • Agrilus surovori et Agrilus viridis (sur jeunes peupliers) ;
      • Agrilus ater (sur arbres plus âgés).
  • Ce sont de petits insectes qui creusent des galeries sinueuses sous l’écorce.
  • Une fente verticale apparaît sur le tronc des sujets atteints ; il y a rejet de déjections de vermoulure compressée.
  • Ils provoquent le dépérissement de l’arbre. Les agriles sont surtout des parasites de faiblesse : les peupliers mal venants ou ayant subi un stress sont attaqués.

LE PUCERON LANIGÈRE (Phloeomyzus passerinii)

Feutrage blanchâtre et coulures noires sont caractéristiques de la présence du puceron lanigère.

  • Des pucerons verts jaunâtre, cachés sous des sécrétions cireuses blanchâtres, apparaissent de mai à octobre.
  • Les troncs sont recouverts d’un feutrage blanchâtre correspondant aux colonies de pucerons. Celles-ci sont notamment présentes dans le tiers supérieur de l’arbre.
  • Les attaques anciennes laissent apparaître une écorce craquelée (aspect de « peau de lézard ») et un feutrage noirâtre lié à la fumagine (champignon se développant grâce au miellat des pucerons mais sans conséquences pour l’arbre).
  • Les dégâts sont liés aux sécrétions injectées par l’insecte à travers de l’écorce. La circulation de la sève se trouve perturbée.
  • Cet insecte provoque une forte diminution de la croissance, une sensibilité accrue aux parasites de faiblesse et des mortalités rapides en cas d’attaques massives.
  • Cultivar très sensible : ‘I 214’ ; cultivars sensibles : ‘Dorskamp’, ‘Triplo’.

Les Moyens de Lutte


Les milieux de vallée envahis de souches pourries et de bois morts sont favorables à la multiplication des insectes xylophages.
De même, ils sont plus nombreux et virulents quand une végétation herbacée foisonne au pied des arbres.
NETTOYER SA PARCELLE, C’EST DIMINUER LES RISQUES D’ATTAQUE.

LUTTE PRÉVENTIVE

  • Contrôler l’état sanitaire des plants sortant de pépinière.
  • Pratiquer une culture soignée : fertilisation "starter", désherbage, travail du sol...
  • Traitement insecticide : certains produits se sont montrés efficaces en expérimentation et en pépinière (pulvérisation ou badigeonnage) mais ne sont pas actuellement homologués “forêt”.

LUTTE CURATIVE

  • Couper et brûler les rameaux atteints (cas de la petite saperde).
  • Détruire les plants attaqués (pour le charançon ceci est très efficace car cet insecte ne se propage que très lentement).
  • Injecter dans les galeries un produit insecticide, puis reboucher le trou avec du mastic.

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