Longtemps considérées comme des espaces improductifs, les landes ont souvent fait l’objet d’une mise en valeur à travers le boisement, avec, il faut le reconnaître, plus ou moins de réussite.
L’appellation landes regroupe différents types de formations végétales. L’article ne traite ici que des landes au sens botanique du terme e non des stades transitoires de la forêt, comme par exemple entre deux opérations de coupes. Dans notre région, les landes peuvent être classées en deux grandes catégories : les landes sèches à bruyère cendrée et brande, et les landes humides atlantiques où domine la bruyère à quatre angles. Elles sont répertoriées par une Directive européenne comme habitats prioritaires à conserver.
On y trouve en effet de nombreuses espèces botaniques rares. C’est ainsi que dans les landes humides, les orchidées sont représentées entre autres par la spiranthe d’été et l’orchis des bruyères. Dans les milieux tourbeux, on peut y observer une toute petite plante insectivore : la droséra. Quant aux landes sèches, parmi l’ajonc et la callune, peuvent être admirés le glaïeul d’Illyrie ou l’avoine de Thore.
Mais les landes représentent aussi un intérêt pour la faune qu’elles abritent. On peut citer le busard cendré, l’engoulevent d’Europe ou la pie-grièche pour les oiseaux. De nombreux reptiles, insectes et papillons y vivent également.
Pour pérenniser ces milieux naturels qui en Poitou-Charentes couvrent encore quelques milliers d’hectares, différents modes de gestion sont actuellement mis en place : par exemple, le pâturage ovin ou bovin qui a longtemps été pratiqué dans ces zones. Ainsi, des races rustiques de mouton telles que la Solognote et la Charmoise, ou de bovin comme la Casta et la Highlands Cattle sont utilisées.
Un gyrobroyage tous les 5 ans environ, avec récupération de la matière organique est également une technique appropriée. En Forêt Domaniale de Moulière, l’ONF utilise un broyeur avec dispositif de ramassage mécanique pour entretenir 5 hectares de landes. Le brûlis dirigé ou écobuage peut être aussi pratiqué avec les précautions d’usage.
Dans le périmètre des sites attachés au réseau NATURA 2000, des contrats de gestion peuvent être passés avec l’État pour permettre aux propriétaires fonciers intéressés de solliciter des subventions spécifiques.
A ce titre, il est bon de rappeler que les mesures destinées à la préservation des landes n’excluent pas leur éventuelle valorisation économique en l’état. Peuvent par exemple y être récoltés les brandes ou les ajoncs pour la fabrication de palissades, très prisées sur le littoral, de biofiltres pour l’industrie ou pour la production de substances chimiques comme les esters. Enfin les landes constituant des territoires de reproduction et d’abri de nombreuses espèces de faune sauvage, elles font l’objet d’une attention toute particulière de la part des chasseurs.
Leur mise en valeur forestière étant souvent coûteuse et aléatoire, les landes méritent donc au moins d’être conservées, à défaut de pouvoir bénéficier d’une gestion écologique adaptée.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Alain Persuy CRPF | 3ème trimestre 2003 | 43 | Environnement |