Les éclaircies réalisées dans des taillis doivent impérativement être accompagnées de la création d’un réseau de passages pour le débardage au sein même des parcelles.
Ces "layons" permettront la circulation des tracteurs pour sortir les bois exploités.
Ces coupes doivent être prudentes et préserver tous les arbres et arbustes constituant le sous-étage. Elles ne prélèvent qu’une faible proportion des tiges de l’étage dominant, celles qui gênent les arbres d’avenir. En pratique, la densité du peuplement interdit aux engins de débardage la circulation en dehors du réseau de layons.
La largeur de ces passages doit se situer entre 3 et 4 mètres pour une circulation des remorques sans risque de dégât aux arbres de lisière. Une distance de 20 mètres d’axe en axe, pour des layons de 4 mètres de large, laisse des bandes boisées de 16 mètres, dans lesquelles le bûcheron réalisera l’éclaircie. Les billons exploités seront donc déplacés sur une distance maximum de 8 mètres, pour être empilés en bordure du layon le plus proche.
Les grandes parcelles - au-delà de 5 ha - doivent être desservies par un réseau systématique de layons parallèles tracés à la boussole. Pour de petites surfaces, ou dans des parcs, il est préférable d’éviter ce tracé géométrique. On cherchera plutôt à améliorer des passages naturels et à contourner les beaux arbres de la parcelle.
Le réseau créé devra déboucher aux deux bouts de façon oblique sur les chemins existants. En effet, les demi-tours sont impossibles et les angles droits imposent aux tracteurs des manoeuvres risquées pour les arbres de bordure.
En plus de procurer un accès permanent sur toute la parcelle, le layonnage facilite le marquage des éclaircies. Il suffit de parcourir les bandes ainsi délimitées l’une après l’autre pour réaliser le travail. En outre, l’exploitation de layons de 4 mètres tous les 20 mètres d’axe en axe équivaut à une coupe rase de 20 % du volume total. Cela rend attractives des coupes pouvant être qualifiées d’"homéopathiques" dans le peuplement restant.
On peut également réaliser de tels réseaux par simple gyrobroyage dans de très jeunes peuplements : régénérations naturelles ou rejets de taillis. Les accès ainsi créés, d’entretien facile, serviront plus tard aux interventions sylvicoles : dépressages ou élagages.
Du point de vue paysager, quelques années après son exploitation, un réseau de layon devient d’une étonnante discrétion pour l’oeil non averti.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Marc DEMENE CRPF | 3ème trimestre 1999 | 27 | Technique |