- Les normes sur les semences condamnent le semis de Pin maritime -

Jusqu’à ces dernières années, les parcelles en Pin maritime étaient reconstituées par semis de graines après coupe rase du peuplement arrivé à maturité. Depuis la tempête de 1999, le reboisement par plantation s’est énormément développé. Et l’évolution récente de la réglementation ne fait qu’accentuer ce phénomène.

En effet, jusqu’en juin 2009, il était possible de récolter “post mortem”, c’est-à-dire après coupe, des cônes de Pin maritime sur des peuplements repérés. Les graines obtenues étaient ensuite commercialisées avec une étiquette jaune (catégorie identifiée). Cette étiquette garantissait simplement la provenance géographique des semences, sans aucune autre sélection. Les derniers lots de graines issus de ces récoltes ont ainsi pu être commercialisés jusqu’au 30 juin 2011.

Depuis cette date, les graines sont récoltées sur des peuplements classés, sélectionnés pour la bonne qualité des arbres les constituant. En effet, on estime que les semences issues de beaux arbres donneront à leur tour de beaux individus… C’est près de 3500 hectares qui ont été ainsi repérés dans le massif Landais, répartis en 43 peuplements différents. Les graines obtenues sont vendues sous étiquette verte (catégorie sélectionnée).

Semis en godets
Semis en godets
Malgré les dernières tempêtes le Pin maritime reste la première essence résineuse en surface en France : il occupe plus de 800 000 ha.

Pour disposer de graines véritablement améliorées, il faut utiliser la production issue des vergers à graines de deuxième génération. Commercialisée sous étiquette rose (catégorie qualifiée), elle permet d’obtenir un gain de 30% en moyenne sur le volume et la rectitude du tronc par rapport à la graine issue de peuplements classés. Mais cette amélioration de la qualité génétique du Pin maritime a un coût. Alors qu’un kilo de graine identifiée valait une trentaine d’euros, la graine sélectionnée coûte presque trois fois plus cher, et la graine qualifiée issue de verger atteint 200 euros. Elle est donc réservée à la production de plants en pépinière.

La fourniture de graines pour un semis (3 à 5 kg/ha) coûte donc maintenant entre 300 et 500 euros par hectare. En comparaison, le prix des plants revient environ à 400 euros, avec en prime le bénéfice de l’amélioration de la croissance et de la forme du Pin maritime ! L’évolution de la règlementation du commerce des semences de Pin maritime a fait augmenter le prix de la graine. Le coût d’un reboisement par plantation devient moins coûteux qu’un semis qu’il faudra dépresser. Et cela tout en produisant des pins de meilleure qualité.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Michel Clupeau
CRPF
2ème trimestre 2012 78 juridique