La gestion en peuplement irrégulier nécessite la cohabitation d’arbres de tous âges et de toutes dimensions. Ainsi, lors des différentes exploitations, il faut respecter les régénérations et tiges d’avenir. Or ce mode de gestion est encore peu pratiqué dans notre région. C’est pourquoi passer de la théorie à la pratique pose souvent quelques difficultés, et l’application du concept réserve trop souvent de désagréables surprises au vendeur : arbres cassés lors de l’exploitation, écorcés lors du débardage. L’avenir du peuplement après l’opération est alors fortement compromis.
Ce sont pourtant ces nouvelles pratiques qu’essaie de mettre en œuvre un jeune exploitant forestier de Champagné Saint-Hilaire, dans la Vienne, Frédéric Durivault. Ancien technicien de coopérative forestière, il connaît à ce titre la nécessité de préserver l’avenir des peuplements lors de l’exploitation forestière.
Dans une propriété des Deux Sèvres, celui ci a acheté une coupe dans une futaie irrégulière de chêne. L’exploitation devait se limiter aux arbres mûrs ou dépérissants tout en préservant le potentiel de production du peuplement. Cette opération s’avérait délicate étant donné la densité des petits et moyens bois à respecter. Il a donc fait appel à un « éhouppeur ». C’est un bûcheron spécialisé dont le travail consiste à éliminer tout ou partie des branches des arbres à abattre, généralement pour ne pas endommager leurs grumes, et dans ce cas pour éviter que leur chute n’abîme les arbres voisins. Cette opération est dangereuse pour l’éhouppeur et a donc un coût non négligeable pour l’acheteur de la coupe. Le débardage a été réalisé avec soin pour également préserver le peuplement restant.
Le prix d’achat des bois sur pied, qui aurait dû être de 84 euros/m3, a été ramené à 76 euros/m3, soit une baisse de 9 % du prix de vente. Mais le vendeur, considérant que c’était le prix à payer pour préserver l’avenir sylvicole et financier de la parcelle, en a accepté le principe. Cet exemple démontre que le travail de qualité doit être justement rémunéré. C’est le cas dans certaines régions où les prestataires reçoivent une prime après la réalisation correcte d’un chantier. Puisse cet exemple faire école.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Marc DEMENE CRPF | 4ème trimestre 2003 | 44 | Technique |