Les plantations pures ou monospécifiques, par leur simplicité d’implantation, de conduite et d’exploitation, sont la règle depuis le XIXème siècle. Elles présentent néanmoins certaines faiblesses par rapport aux peuplements mélangés, qui sont plus résistants aux aléas climatiques et sanitaires, plus riches en termes de biodiversité et moins controversés du point de vue paysager. Néanmoins, le suivi des peuplements à essences multiples est souvent complexe, ce qui est illustré par la diversité des schémas techniques possibles.
Tout d’abord, il est possible d’introduire plusieurs essences objectif pied à pied sur une même parcelle, comme par exemple le frêne et le noyer noir ou le merisier et le chêne rouge d’Amérique. Il importe que les espèces utilisées aient des exigences de sol, des comportements et des vigueurs proches. En cas de problème sanitaire, il y a peu de chance que toutes les essences soient attaquées. On obtient ainsi une forêt plus résistante et plus variée, gage d’une diversité écologique et paysagère. Par contre, la conduite de ces peuplements est plus délicate. En effet, l’évolution du mélange est difficilement prévisible et une essence peut prendre le pas sur l’autre. Le marquage des éclaircies s’en trouve compliqué, notamment en présence de beaux arbres d’essences différentes trop proches les uns des autres.
Il est également possible d’alterner des lignes d’essences différentes. Dans ce cas, seule une des essences constituera le peuplement objectif. Tel est le cas de l’introduction d’une ligne de bouleau pour quatre lignes de pin Laricio. Le bouleau sera abattu en première éclaircie pour créer les cloisonnements nécessaires à la sortie des bois. Autre exemple : une ligne de cèdres pour trois lignes de pins. Ce cas de figure permet de diminuer les frais de fourniture des arbres car les plants de pins sont beaucoup moins chers. Les éclaircies se feront prioritairement au profit des cèdres, qui se régénèrent naturellement et dont le bois est de meilleure qualité. Ce schéma conjugue les avantages d’une plantation mélangée et la simplicité d’un peuplement pur. Cependant, il est plus contestable d’un point de vue paysager.
Autre schéma possible, une essence objectif est introduite à faible densité (200-300 plants/ha voir moins) mais elle est gainée par une végétation buissonnante et/ou arbustive. Cette technique est adaptée aux feuillus précieux, tels le merisier ou le noyer. Techniquement, les arbres d’avenir ont une meilleure forme, ce qui réduit les coûts des tailles de formation et élagages. En jouant sur le choix de cet accompagnement, on obtient des plantations très vivantes au niveau faune et de bel aspect grâce à la floraison des espèces et au caractère irrégulier de la parcelle. Attention toutefois à maîtriser ces essences secondaires, qui peuvent concurrencer ou endommager les tiges d’avenir.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| André THILLOU CRPF | 1er trimestre 2011 | 73 | Environnement |