L’ouragan Martin du 27 décembre 1999 a marqué durablement la forêt régionale. Cette catastrophe sans précédent a toutefois engendré des évolutions positives pour la gestion forestière.
La nécessité de nettoyer et de reconstituer les milliers d’hectares sinistrés a permis des avancées techniques importantes. Ainsi, la mécanisation de l’exploitation des bois, déjà débutée avant la tempête, s’est accélérée. Aujourd’hui, l’abattage mécanisé est la règle pour les bois d’éclaircies, et même pour les coupes de gros bois résineux ou l’exploitation des taillis. En 2009, plus de 250 machines combinées d’abattage et d’ébranchage sont en activité chez nos voisins aquitains pour récolter les bois issus de la tempête du mois de janvier dernier. Dix ans plus tôt, moins de 50 combinés étaient disponibles.
La préparation des parcelles en vue de leur reboisement a aussi bénéficié de nouveaux matériels : les cisailles à souches permettent de nettoyer le terrain avant labour d’une façon satisfaisante. Cette méthode est nettement mieux adaptée que le dessouchage naguère utilisé, avec son cortège de désagréments : tassement, décapage des couches supérieures du sol, andains gênant les entretiens ultérieurs et occupant de l’espace…
Dans le massif de Pin maritime des deux Charentes, qui a subi les plus gros dégâts en 1999, les méthodes de reboisement ont aussi évolué. Ainsi, la plantation est devenue la règle au détriment du semis. Là aussi les avantages sont indéniables. Les plants ont une croissance initiale très rapide, ce qui permet d’économiser un entretien mécanique des interlignes et un désherbage chimique sur les lignes de plantation. Les dépressages, opérations coûteuses gourmandes en main d’œuvre et présentant des risques sanitaires (porte d’entrée du champignon pathogène Fomes), ne sont plus nécessaires.
Les densités de plantation ont été augmentées d’un tiers pour atteindre 1660 plants par hectare. Ceci favorise une bonne conformation des tiges et limite l’impact des cervidés. Mais les avancées concernent aussi le domaine environnemental. Depuis la tempête, il est possible de maintenir des zones de biodiversité dans le cadre des dossiers financés par l’Etat et l’Europe. Cette mesure a permis de conserver en l’état des milieux humides peu productifs mais d’un grand intérêt biologique, des arbres isolés ou des îlots feuillus au sein d’un reboisement en résineux.
Presque dix ans après, le bilan technique de la catastrophe du 27 décembre 1999 reste donc positif, même si les évolutions n’ont pas assez pris en compte la sensibilité des peuplements forestiers aux aléas climatiques.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| JM Clupeau - JM Mounier CRPF-AMVFS | 4ème trimestre 2009 | 68 | Technique |