Définition
Ce sont des bandes boisées de quelques mètres de large situées le long des cours d’eau.
Elles assurent depuis longtemps le maintien des berges, la fourniture de bois et parfois un
fourrage d’appoint.
Importance et répartition
Elles occupent les bords des cours d’eau de la région mais sont souvent dans un mauvais
état de conservation.
La modernisation et la spécialisation des exploitations agricoles ont progressivement entraîné
l’abandon de ces zones voire leur remplacement par des cultures.
Elles sont composées :
- d’arbres menés en haut jet mais le plus souvent
en cépée ou en têtard (situés en milieu ou en
haut de berge) :
- Frêne commun et oxyphylle ;
- Orme champêtre ;
- Chêne pédonculé ;
- d’arbres et d’arbustes qui se développent en
milieu ou en bas de berge :
- saules ;
- Aulne glutineux ;
- Sureau noir ;
- Aubépine monogyne ;
- Prunellier ;
- Cornouiller sanguin ;
- Coudrier ;
- de graminées ;
- de plantes aquatiques (hélophytes) qui colonisent les bas de pente :
- carex ;
- iris ;
- joncs ;
- roseaux.
Les frênes tétards sont le résultat de coupes répétées des rejets de tête
Intérêt
La ripisylve présente un intérêt :
- environnemental : fixation des berges ;
consommation d’une partie des engrais
agricoles ; lieu d’abri, de déplacement
(corridor biologique) et de
reproduction pour la faune
aquatique et terrestre (Loutre, Vison
d’Europe, Martin pêcheur…).
Martin pêcheur
- économique : récolte possible de bois d’oeuvre (aulne et
frêne) ; production de bois de chauffage ; coûts d’entretien des
rivières limités.
- social : diversification du paysage ; amélioration du caractère
touristique des sites.
Menaces
Les ripisylves ont essentiellement à souffrir du manque d’entretien.
Gestion
Objectif
Restaurer ou recréer les ripisylves, notamment en cas de forte érosion des berges.
Restauration
Il s’agit de réhabiliter une ripisylve vieillissante ou non entretenue. Cette restauration peut
se réaliser par :
- recépage des plus anciennes cépées ;
- éclaircie des jeunes cépées en supprimant les brins trop nombreux ou trop penchés vers
le cours d’eau ;
- coupe des arbres dépérissants, fortement penchés ou déstabilisés ;
- plantation ou bouturage de ligneux adaptés dans les parties fortement dégradées.
Des opérations de génie civil (fascinage, tressage et clayonnage) peuvent également
s’envisager pour les berges trop érodées.
La création
La création doit se justifier et ne doit pas être systématique. On veillera à :
- respecter un équilibre entre zones d’ombre et zones de lumière en réalisant des
interruptions localisées de 10 à 15 m ;
- adapter la densité d’une ripisylve en fonction des besoins de fixation de la berge ;
- appréhender l’impact que peut avoir une nouvelle plantation sur la rivière et ses abords
(report de courant, dégradation des berges voisines, …).
Plusieurs critères sont à prendre en compte pour créer une ripisylve :
- la nature de la berge (basse ou haute) et son état de dégradation ;
- l’environnement du cours d’eau (cultures, prairies, peupleraies) ;
- la largeur du cours d’eau.
Il est possible d’installer des arbres, des arbustes ou des plantes hélophytes entre zéro et
deux mètres du bord du cours d’eau. Cette végétation doit être variée.
Les distances entre les plants varient de deux à cinq mètres en fonction des végétaux utilisés
et du type de berge.
L’entretien
L’entretien consiste principalement en des
dégagements manuels des jeunes plants pendant
les deux à trois premières années. Il s’agit d’éliminer
le liseron, la ronce et toute la végétation pionnière à
leurs abords.
Il faut favoriser la mise en lumière des sujets d’avenir
en recépant les arbustes trop vigoureux.
Les tiges susceptibles de produire du bois d’oeuvre
doivent subir tailles de formation et élagages.
Il faut au maximum diversifier l’âge des végétaux pour
pérenniser les fonctions de la ripisylve.
Le paillage par dalle et les protections contre le gibier vont assurer la reprise des arbres de la ripisylve