Ce sont des zones gorgées d’eau en permanence dont le sol, de couleur noire, est constitué exclusivement de matière organique végétale non totalement décomposée : la tourbe. Les tourbières sont généralement alimentées par de l’eau de pluie et quelquefois par des sources.
Milieu devenu très rare (23 sites en Poitou-Charentes), les tourbières sont souvent liées à des dépressions dans lesquelles on peut trouver quatre strates de végétation : muscinale (sphaignes), herbacée (Molinie bleue), arbustive (saules, Bourdaine, Piment royal), arborescente (bouleaux, pins).
On y trouve une flore remarquable (sphaignes, droséra, utriculaire, Grassette du Portugal…)
Au sein des massifs forestiers ou des landes humides, les tourbières participent à la diversité des milieux et des paysages. Elles sont souvent fréquentées par de nombreuses espèces animales peu communes :
Les tourbières présentent une grande valeur scientifique grâce aux fragments de végétaux et aux pollens conservés dans la matière organique. Ces éléments fossilisés ont permis d’établir la chronologie de l’ère quaternaire et de reconstituer l’évolution de la végétation sur de longues périodes. Ce sont des archives vivantes du climat et du paysage.
Les menaces sont de quatre ordres :
Assurer un bon état de fonctionnement hydrique.
La fermeture d’une tourbière est souvent synonyme d’une perturbation de son système d’alimentation en eau. Toute rénovation du milieu devra intégrer une action de restauration hydraulique du site.
L’arrachage des ligneux et des arbustes constitue la meilleure méthode. Il empêche l’apparition des rejets et crée des dépressions qui favorisent l’apparition des végétaux pionniers. Quand la technique d’arrachage ne peut pas être pratiquée, l’exploitation des arbres au ras du sol sera suivie d’un traitement chimique des souches de feuillus par badigeonnage et d’un broyage des arbustes. Les rémanents de coupe et du broyage seront systématiquement enlevés.
Le comblement des fossés de drainage et la restauration du système d’alimentation en eau
seront mis en œuvre en complément.
L’époque idéale pour réaliser l’ensemble de ces travaux est la fin de l’été.
Hormis le contrôle de la végétation envahissante (molinie, Bourdaine, saules, …), on veillera à maintenir en état le réseau hydrique d’alimentation de la tourbière (sources, fossés, …). La fauche de type « sympa » (voir schémas ci-dessous) constitue le meilleur moyen de contrôle de la végétation. Elle sera pratiquée régulièrement tous les six à huit ans, en fin d’été, avec récolte des produits sur des surfaces limitées.
Les outils doivent être adaptés à la
portance des sols. La moto-faucheuse,
voire la fauche manuelle sont souvent
les seules solutions utilisables.
Dans certains cas, le pâturage extensif
(bovins, équidés) est une solution
intéressante qui reste cependant
difficile à mettre en œuvre sur de
petites unités de surface.
Cette opération consiste à enlever les horizons superficiels de la tourbe, quand ils sont dégradés sur cinq à dix centimètres. Cette technique permet le développement de communautés végétales particulières aux tourbières, si la tourbe mise à nu ne s’assèche pas.
Ce décapage se réalise sur des petites surfaces de 10 à 100 m² en fin d’été. La mini-pelle est souvent l’outil le plus approprié. Les parties décapées doivent être enlevées.