- Mécanisation : une machine abat le travail de six bûcherons -

Après un quart de siècle de mise au point, la mécanisation du bûcheronnage est aujourd’hui une réalité. Ainsi, on peut estimer que l’équivalent de deux machines d’abattage fonctionne à plein temps dans la région. Ce matériel est jusqu’à présent essentiellement utilisé pour l’exploitation de bois de trituration lors des coupes d’éclaircie.

La machine de récolte est le plus souvent une « abatteuse- ébrancheuse- tronçonneuse ». Un tracteur dispose d’un bras au bout duquel est fixée une tête d’abattage. Ce grappin est placé verticalement contre le tronc de l’arbre à abattre, la coupe est effectuée par une scie à chaîne à grande vitesse (30 à 50 mètres par seconde). La tête dispose ensuite l’arbre coupé en position horizontale : par un système de rouleaux, l’ébranchage est alors effectué, ainsi que le tronçonnage en billons de longueurs définies.

Ce genre de matériel a un rendement journalier de 70 à 90 stères en éclaircie, ce qui représente le travail de 5 à 6 bûcherons. Mais tous les chantiers ne peuvent être mécanisés. Les trajets routiers doivent s’effectuer sur un porte-engin : il convient donc de limiter les déplacements. Des chantiers d’au moins 15 à 20 hectares sont l’idéal, cette surface pouvant être obtenue par regroupement de parcelles dans un secteur rapproché. La quantité de bois à exploiter doit être suffisante : un prélèvement de 40 stères par hectare est un minimum. La première éclaircie dans un peuplement résineux n’est donc pas toujours rentable. Par contre, l’utilisation des machines est possible pour les éclaircies suivantes, avec des arbres mesurant moins de 120/130 cm de circonférence.

Les plantations de Douglas ou d’Epicéa commun sont facilement mécanisables : la forme régulière des arbres et leur branchaison sont bien adaptées à l’utilisation des machines. Par contre, les pins maritimes qui se développent sur déprises agricoles, avec des grosses branches et un tronc tordu, doivent être exploités manuellement.

L’écartement entre les lignes d’arbres doit permettre le cheminement des engins : 4 mètres est idéal . Ce passage peut être créé par la coupe à ras d’une ligne d’arbres sur 5. Dans le cas d’une plantation à 3 mètres d’espacement, le cloisonnement ainsi créé mesure 6 mètres. La machine peut étendre son bras pour chercher les arbres à abattre dans les lignes situées entre deux passages. Cette méthode d’exploitation permet aussi d’augmenter la quantité d’arbres coupés, et donc d’améliorer la rentabilité de l’opération.

L’utilisation de machines d’abattage ne nécessite pas un débroussaillage préalable du chantier. Voici donc une économie pour le propriétaire. L’exploitant y trouve aussi son compte : avec un chauffeur qui connaît bien la sylviculture, la désignation des arbres à abattre n’est pas nécessaire, sans préjudice pour l’avenir de la parcelle.

A l’origine, les machines d’abattage devaient suppléer au manque de bûcherons pour la réalisation des premières éclaircies de résineux. Les engins sont maintenant aussi conçus pour façonner du bois d’œuvre, en éclaircie comme en coupe rase.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Michel Clupeau
CRPF
4ème trimestre 1998 24 Economique
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