La commercialisation des bois est une opération essentielle pour le propriétaire forestier. Par cette action, il va récolter les fruits de plusieurs dizaines d’années d’effort. Il convient donc de ne pas rater cette vente, en choisissant la méthode la mieux adaptée.
Les arbres peuvent être présentés à la vente sur pied, abattus en bord de route, ou débités et séchés.
La vente de bois sur pied est la plus pratiquée. L’estimation des volumes et des qualités n’est pas toujours aisée.
Dans le cas de la vente à l’unité de produit, le bois est acheté sur pied, mais le cubage s’effectue après exploitation. Acheteur et vendeur s’entendent avant la coupe sur un prix au mètre cube ou au stère, en fonction des qualités. Un cubage préalable du lot n’est pas nécessaire. Le bois sera réceptionné contradictoirement en bord de route pour vérification des quantités par catégories préalablement définies. Attention, c’est le vendeur qui supporte les pertes en cas de défaut caché.
La vente de bois abattu permet de trier les grumes et de les commercialiser à leur juste valeur. C’est un atout pour les plus belles coupes. Cependant, cette méthode est risquée sans entente préalable avec un acheteur. Le bois mis bord de route doit être vendu rapidement pour éviter toute altération.
La vente de bois débité et séché peut être la plus valorisante pour les petits lots. Il faut alors bien connaître les dimensions recherchées par les utilisateurs, disposer de place pour le stockage, et ne pas avoir un besoin immédiat d’argent.
Plusieurs méthodes de vente sont utilisables, indépendamment de la façon de présenter les bois.
La vente de gré à gré reste malheureusement la plus courante. Le vendeur contacte directement un ou plusieurs exploitants forestiers. Il choisit son acheteur en fonction des offres qui lui sont proposées. Le vendeur étant seul, la transaction se fait à ses risques et périls. Ce mode de commercialisation nécessite une bonne connaissance du cubage, des qualités et des prix.
La vente par adjudication ou vente groupée est préparée par l’Union Régionale des Syndicats de Propriétaires Forestiers. Elle regroupe des experts forestiers et des organismes professionnels (coopératives, groupements de producteurs). Après cubage et estimation, les lots sont inscrits dans un cahier affiche adressé à tous les exploitants forestiers, régionaux. Le jour de la vente, celui qui propose le prix les plus élevé emporte le lot, à condition que son offre soit supérieure au prix de retrait. Ce dernier correspond au prix de vente minimum auquel le vendeur souhaite céder ses arbres. Cette méthode permet de faire jouer au mieux la concurrence entre acheteurs. De plus, elle assure au vendeur le paiement de ses bois. En effet, seuls sont acceptés les exploitants forestiers présentant une caution. Les ventes par adjudication organisées par l’Union Régionale des Syndicats de Propriétaires Forestiers ont lieu deux fois par an en Poitou-Charentes. L’intermédiaire qui prépare la vente est rétribué par un pourcentage du prix.
Quel que soit le mode de commercialisation choisi, un contrat de vente est indispensable. Il précise l’objet de la transaction, le prix d’achat, les conditions d’exploitation ainsi que les modalités et délais de paiement. Ce document permet d’éviter beaucoup de litiges.
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| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Michel CLUPEAU CRPF | 3ème trimestre 1998 | 23 | Economique |