Le nettoyage des peupleraies sinistrées par la tempête de décembre 99 exige l’emploi de matériels lourds et adaptés. Une plantation de peupliers étant une culture d’arbres, la remise en état des terrains doit concilier un travail soigné et le respect de la structure fragile des sols de vallées.
Il faut pour cela préférer les engins à chenilles et ne parcourir qu’un minimum de surface du terrain à remettre en état. De plus, toute opération ne devrait intervenir qu’en période sèche et sur des sols ressuyés.
Le broyage est une technique qui devient appréciée pour la remise en état des peupleraies sinistrées. Il est nécessaire de faire appel à des broyeurs lourds d’une puissance de 300 à 600 chevaux. Ceux–ci peuvent facilement intervenir dans des parcelles faiblement encombrées par les rémanents d’exploitation. Les broyeurs les plus puissants sont néanmoins capables de réduire à l’état de copeaux des rémanents plus volumineux (d’un diamètre supérieur à 30 cm) ainsi que les souches. Le coût de l’intervention peut alors passer de 1200 à 1800 €/ha.
Les rémanents d’exploitation peuvent également être rassemblés en cordons voire mis en tas pour être brûlés, sauf sur les sols tourbeux qui risquent de se consumer. Ces andains doivent être suffisamment conséquents et lourds pour éviter leur éparpillement lors de crues. L’andainage est généralement réalisé à l’aide d’un râteau monté sur le bras d’une pelle hydraulique ou à l’avant d’un bulldozer. Plus courant, un godet fixé sur le bras d’une pelle hydraulique peut aussi convenir. Le coût de cette technique varie de 750 à 900 €/ha.
En populiculture il s’avère nécessaire de traiter l’ensemble des souches renversées afin de faciliter les futurs entretiens. Cette opération est complémentaire d’un andainage et éventuellement d’un broyage. Il est possible de basculer les souches dans le trou formé lors de leur arrachage grâce à une pelle munie d’un godet ou de les retourner avant de les enfouir.
Outil moins courant, le croque-souches éclate ces dernières en morceaux. Ses mâchoires coupantes fixées sur le bras d’une puissante pelle hydraulique présentent l’avantage de ne pas trop bouleverser les sols. Le coût de cette opération varie de 2 à 8 € par souche. Dans tous les cas il est recommandé de ne pas replanter à l’emplacement même des anciennes souches pour ne pas compromettre la stabilité des jeunes plants.
Globalement le coût du nettoyage d’une peupleraie sinistrée peut varier de 1500 à 2000 €/ha en fonction de la grosseur des souches et de l’encombrement du terrain. Les aides financières publiques peuvent aider les populiculteurs à supporter cette dépense (v. Bois et Forêts n° 37).
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Alain Rousset ADEP | 2ème trimestre 2002 | 38 | Essences |