Ce sont des peuplements composés de plus de 10 arbres de futaie
(« réserves ») à l’hectare en mélange avec un taillis ou en présence
d’un sous-étage.
Cette « réserve » est constituée d’arbres d’âge et
d’origine différents, qui peuvent être feuillus et/ou résineux.
Ces peuplements couvrent 154 000 ha sur la région. Ils comprennent :
Par ailleurs, 26 200 ha de peuplements irréguliers ont une futaie à base de résineux.
Les chiffres ci-dessus correspondent aux peuplements à dominante feuillue ou résineuse. Ils peuvent comprendre une part de futaie mixte : feuillue et résineuse.
On constate que si les futaies feuillues sont généralement irrégulières, les futaies résineuses peuvent présenter des arbres d’âges proches (ex. : futaie claire de pin maritime sur taillis de châtaignier).
Les peuplements irréguliers les plus productifs se rencontrent dans les régions naturelles suivantes :
| Les mélanges taillis-futaie, résineux ou feuillus constituent près de la moitié des peuplements régionaux |
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Que ce soit au niveau du taillis ou de la réserve, la croissance de ces peuplements est très variable en fonction de la station, des essences et de leur âge.
Taillis : les produits sont les mêmes qu’en taillis simple : petits sciages et piquets pour le châtaignier ; bois de feu pour le chêne, le charme et le frêne ; trituration pour toutes les essences.
Futaie : tout dépend des coupes pratiquées. Lorsque le taillis est régulièrement exploité à blanc, les réserves subissentdes à-coups de croissance préjudiciables à leur qualité. Lorsqu’une ambiance forestière est maintenue, les arbres peuvent produire des bois de haute qualité (tranchage ou merrain pour le chêne).
L’irrégularité des peuplements, c’est-à-dire la diversité des essences, des âges et des strates (herbacée, arbustive, arborescente) engendre une résistance accrue aux aléas climatiques et sanitaires. La biodiversité est importante à l’échelle de la parcelle. L’absence de coupe rase et le renouvellement permanent des peuplements entraînent une stabilité des paysages, une protection des sols contre l’érosion et une amélioration de la qualité de l’eau. Par ailleurs, ce type de sylviculture garantit une régularité des revenus.
La gestion des peuplements irréguliers répond à de grands principes sylvicoles, qui sont
détaillés pages suivantes.
Néanmoins, le sylviculteur doit adapter ses interventions en fonction des caractéristiques propres aux peuplements. L’un des critères essentiels à prendre en compte est la richesse en tiges de futaie, estimée au travers de la surface terrière.
Le tableau ci-dessous présente ces différentes variantes.
La surface terrière d’un peuplement est la somme des sections des arbres de futaie qui le constituent. Exprimée en m²/ha, son abréviation est G.
Afin de faciliter la description des peuplements, il sera utile de se reporter au « Guide de description de peuplements », édité par le CRPF.
| Peuplement initial | Itinéraires | Peuplement final | ||||||||||||
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Ce traitement maintient sur une parcelle des arbres de futaie de diamètres différents, accompagnés d’un taillis ou d’un sous-étage. Les tiges ayant atteint le diamètre d’exploitabilité sont régulièrement récoltées et renouvelées. Cette sylviculture, qui tire parti de l’existant ne s’attache pas au respect d’une norme. Elle valorise au maximum les arbres de qualité, quelle que soit l’essence, par des coupes adaptées (de type jardinatoire).
L’objectif consiste à garantir une bonne productivité et à permettre le renouvellement
permanent du peuplement. Ceci passe par un équilibre entre richesse et structure.
La richesse, évaluée au travers de la surface terrière, doit osciller entre
12 et 18 m²/ha, avec comme extrêmes, plus de 10 m²/ha après exploitation et
moins de 20 m²/ha avant exploitation.
La structure correspond à la répartition entre petits bois, bois moyens et gros
bois. Elle doit se rapprocher des chiffres suivants :
| Désignation | Diamètre moyen des tiges à 1,30 m : |
|---|---|
| Petits Bois (PB) : | de 17,5 à 27,5 cm |
| Bois Moyens (BM) : | de 27,5 à 47,5 cm |
| Gros Bois (GB) : | supérieur à 47,5 cm |
Les interventions combinent coupes et travaux. Les coupes, de type jardinatoire, permettent la récolte des arbres mûrs, l’amélioration des peuplements et l’ouverture de taches de régénération. Les travaux quant à eux, assurent la sauvegarde et l’entretien des zones en régénération.
Elle consiste à prélever de 15 à 25 % du nombre des tiges de futaie présentes avant chaque passage, soit moins de 25 % de la surface terrière. Sa rotation est comprise entre 5 et 15 ans.
Cette coupe prélève différents types d’arbres :
| Les arbres sont considérés comme mûrs, lorsqu’ils ont atteint leur diamètre d’exploitabilité (voir tableau indicatif ci-contre). |
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Cette récolte permet la régénération du peuplement. Elle entraîne l’ouverture de
trouées qui mettent en lumière les semis et drageons (issus des arbres prélevés).
Pour garantir la mise en lumière, elle nécessite l’extraction du sous-étage (ou la
coupe du taillis) ainsi que des trouées d’un diamètre suffisant (qui doit être au moins égal à deux fois la hauteur des arbres voisins).
Des compléments artificiels (plantation ou semis) peuvent être réalisés pour pallier
les déficits de la régénération naturelle (enrichissement, plantation en plein ou par
bouquets, …).
Ils viseront à mettre en place et entretenir un cloisonnement cultural et d’exploitation
tous les 20 à 30 m. Par ailleurs, ils consisteront à réaliser des dégagements et des
dépressages au sein des taches de régénération afin de favoriser les meilleurs
individus ; ceux-ci seront éventuellement taillés et élagués.
Il faut éviter la coupe rase des taillis dans les mélanges taillis-futaie. Les plages de taillis simple peuvent être converties en futaie, par sélection et détourage des plus belles tiges. Ceci permet de diminuer progressivement la proportion du taillis au profit d’une futaie irrégulière avec un sous-étage. Ce dernier constitue un accompagnement qui assure l’éducation et la protection des tiges d’avenir.
Lorsque des surfaces importantes (> 0,5 ha) de taillis simple ne contiennent pas suffisamment de belles tiges, plusieurs solutions sont envisageables : maintien en état, coupe rase de la zone de taillis suivie d’un renouvellement naturel, d’un enrichissement ou d’une transformation (voir fiche taillis).
Comme indiqué dans les principes généraux, il s’agit d’orienter ces peuplements vers une surface terrière de 12 à 18 m² par ha. Le volume à prélever lors de la coupe jardinatoire est calculé à partir de la surface terrière du peuplement.
Le choix des tiges à prélever pour obtenir une bonne répartition entre PB, BM et GB (structure équilibrée) est aussi important que le volume à exploiter.
| Désignation | Diamètre moyen des tiges à 1,30 m : |
|---|---|
| Petits Bois (PB) : | de 17,5 à 27,5 cm |
| Bois Moyens (BM) : | de 27,5 à 47,5 cm |
| Gros Bois (GB) : | supérieur à 47,5 cm |
Observation :
Parfois, il s’avère techniquement et économiquement difficile de recruter des perches et petits bois : ex. : chêne sur taillis de châtaignier des Terres rouges ou sur taillis de charme trop âgé, résineux sur taillis, ... Dans ces cas de figure où la surface terrière est souvent inférieure à 10 m², il est envisageable de maintenir les modes d’exploitation « traditionnels « (coupe rase du taillis). Pour permettre le renouvellement des réserves, le sylviculteur pourra procéder à des enrichissements ou des conversions.
L’évolution d’un peuplement irrégulier en futaie régulière résulte le plus souvent d’un défaut de gestion. En effet, en l’absence de coupes jardinatoires, les peuplements tendent naturellement à se régulariser et une classe de dimension peut devenir prépondérante (supérieure à 50 % du nombre total de tiges).
Dans ce cas, il est possible d’accompagner le phénomène en s’orientant vers l’objectif futaie régulière.
Les règles de culture sont détaillées page suivante (cas des peuplements riches). Le sylviculteur travaille au profit des tiges de la classe dominante, en les maintenant gainées. Les coupes rases dans le taillis sont proscrites.
Appartenant à la catégorie des mélanges taillis-futaie, les TSF sont caractérisés par une futaie irrégulière composée à l’hectare de 50 à 70 Petits Bois, 25 à 35 Bois Moyens et 12 à 17 Gros Bois (norme TSF).
La gestion traditionnelle du taillis sous futaie conjugue coupe rase et recrutement dans le taillis tous les 25 à 40 ans, avec sélection et prélèvement dans la futaie selon un plan de balivage précis.
Ce type de traitement était fortement développé autrefois pour des usages domestiques, à la fois de petits bois (bois de feu, piquets, …) récoltés dans le taillis et de bois d’oeuvre prélevé parmi les arbres de futaie.
Observations :
On constate que bon nombre de coupes dites « de TSF » n’en sont pas. Faute du respect de la norme, ce traitement est quasiment abandonné à l’heure actuelle. La récolte des gros bois ayant atteint le diamètre d’exploitabilité et la coupe rase du taillis sans recrutement de jeunes tiges d’avenir aboutissent à l’appauvrissement du peuplement et compromettent son avenir. Les anciens TSF évoluent ainsi vers des mélanges taillis-futaie extrêmement variés dans leur composition.
Ce seuil de 20 m² correspond à un stade où le couvert forestier se ferme dans l’étage dominant. La régénération naturelle ne peut plus s’effectuer faute de trouées et le peuplement se régularise.
Toute volonté de retour à l’irrégularisation immédiate oblige à prélever de nombreux arbres dont certains ne sont pas mûrs, ce qui entraîne des sacrifices d’exploitabilité.
Afin d’éviter cette perte, on peut accompagner cette régularisation par la conversion du peuplement en futaie régulière.
Partant d’un peuplement régularisé ou en cours de régularisation, mais dont les arbres ont des diamètres variables, les étapes de la conversion en futaie régulière sont les suivantes :
-** régularisation Petits Bois : désignation de 60 à 150 PB voire quelques
BM/ha ;
_Ouverture du cloisonnement cultural
(destruction ou exploitation du peuplement
sur des bandes de 3 à 4 m de large tous les
20 m) et exploitation des arbres marqués en
abandon.
Il s’agit de mélanges taillis-futaie pour lesquels la futaie est pauvre (inférieure à 5 m²). Ces peuplements s’apparentent souvent à des taillis simples. La question à se poser est donc : comment gérer ces taillis et que faire des arbres de futaie ?
Du point de vue économique, il est important de maintenir les arbres de futaie tant qu’ils n’ont pas atteint leur diamètre objectif, tout en sachant que leur élimination peut se justifier pour des raisons sanitaires, de mauvaise adaptation à la station ou de forme défectueuse.
Les réserves peuvent être conservées pour d’autres raisons : paysagères, cynégétiques, environnementales, …
En cas de conservation, maintenir un gainage autour des réserves lors des interventions sur le taillis, afin de prévenir les descentes de cime et les coups de soleil.
Les mélanges taillis-futaie pauvres sont souvent constitués de réserves disséminées (Bois Moyens et Gros Bois) et de larges plages de taillis.
Ces dernières peuvent être gérées suivant les itinéraires détaillés dans la fiche « taillis », rappelées ci-dessous.
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