L’objectif d’une plantation de Chêne rouge d’Amérique est d’obtenir à terme, entre 50 et 70 ans, une futaie comportant une centaine de beaux arbres de 150 cm de circonférence par hectare. Ce but ne sera atteint que si le chêne rouge est installé sur des terrains profonds, non engorgés, et sans calcaire actif. Il est conseillé de planter au moins 1600 tiges par ha. La parcelle doit être rigoureusement entretenue les cinq premières années pour diminuer la concurrence vis-à-vis de l’eau (végétation herbacée) et pour la lumière (végétation arbustive). Un désherbage chimique est souvent utile sur d’anciens terrains agricoles, ainsi qu’un dégagement manuel sur la ligne en terrain forestier. Un disquage annuel des interlignes est conseillé les deux ou trois premières années.
Les tailles de formation sont inutiles dans les plantations réalisées, comme aujourd’hui, à forte densité. Seuls des accidents climatiques, telles les gelées tardives de printemps, peuvent rendre nécessaires des défourchages. Les élagages précoces sur 3 mètres de haut ne semblent pas très profitables. Réalisés trop vigoureusement, ils déséquilibrent les tiges qui ont tendance à se courber. Quelques années plus tard, les sujets sélectionnés ne se différencient pas toujours du reste du peuplement… Attention toutefois aux écartements de plantation trop dissymétriques : lorsque l’espacement entre les lignes atteint deux fois la distance entre les plants sur la ligne, les chênes développent de grosses branches latérales qu’il convient de couper. Le Chêne rouge a la faculté de bien s’élaguer naturellement. Toutefois, il convient de couper les branches sur six mètres de hauteur, pour la centaine d’arbres destinés à composer le peuplement final. L’opération est programmée au moment de la première éclaircie.
Cette dernière, de forte intensité (40 à 50% des brins ôtés), est réalisée « par le haut » lorsque les arbres les plus grands atteignent 13 à 15 mètres. Elle favorise ainsi la croissance des plus belles tiges, celles qui ont été élaguées. Tous les arbres gênant le développement de la cime des arbres d’avenir sont impitoyablement retirés. Par contre, les nombreuses tiges dominées peuvent être conservées. Déjà dépassées en croissance par les arbres dominants, elles ne les concurrencent pas réellement. L’ouverture d’un cloisonnement est très souvent nécessaire. Une ligne d’arbres sur cinq est coupée, afin de permettre le passage des engins d’exploitation mécanisée et des tracteurs de débardage.
Les éclaircies suivantes enlèvent à chaque passage 30 à 40 % du nombre de tiges. Elles sont programmées tous les cinq à sept ans selon la croissance des arbres. La dernière éclaircie permet l’installation de semis naturels, grâce à la lumière qui parvient au sol. En effet, le Chêne rouge se régénère très bien naturellement.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Michel Clupeau CRPF | 1er trimestre 2005 | 49 | Technique |