La tempête a apporté la certitude qu’un peuplier planté trop près d’un cours d’eau, provoquait lors de sa chute un arrachement de la berge. D’autres essences, comme l’aulne glutineux (vergne), plus adaptées, peuvent mieux remplir le rôle de fixateur des rives. Cette espèce est par ailleurs valorisable en bois d’œuvre.
L’aulne possède un système racinaire lui permettant un ancrage profond. Cinq ans après la plantation, ses racines forment un maillage dense qui recouvre le pied de la berge. L’érosion est ainsi stoppée et la bordure consolidée.
Toutefois, la fixation de la berge par une bande boisée appelée ripisylve se fera rapidement selon certaines conditions. Planter un aulne à plus de 2 m des cours d’eau n’apportera pas l’effet escompté. La bonne distance se situe entre 0 et 1 m. Pour être efficace une ripisylve doit être plantée relativement serrée. 4 à 5 m entre chaque aulne semble être suffisant pour leur développement. Des espèces arbustives, comme les saules, seront intercalées entre les aulnes. Si les travaux d’entretiens doivent avoir lieu, l’accès à la rivière sera réalisé en recépant les saules.
Pour les propriétaires, planter des aulnes signifie souvent perdre une rangée de peupliers. En effet, la distance recommandée entre le cours d’eau et le premier rang de peupliers est de 5 m minimum.
Dans le cas d’un seul alignement, une plantation mixte peupliers/aulnes est conseillée. Le peuplier devra tout de même être installé à 4 m de la berge. L’écartement sera alors de 8 à 10 m entre chaque peuplier. L’aulne sera planté en pied de berge à mi-distance de chaque peuplier. Des saules installés au ras de la berge consolideront les zones où le peuplier sera replanté.
L’aulne peut être également utilisé en bois de travail et compenser ainsi la perte d’une ligne de peupliers. Les prix de l’aulne atteignaient avant tempête 400 F/m3 pour un bois destiné au déroulage. Cette essence est par ailleurs très prisée par les ébénistes, les tourneurs et les sculpteurs. Au même titre que les peupliers, il devra donc être élagué pour obtenir du bois de qualité.
Certes, son âge d’exploitabilité est plus élevé que celui du peuplier. Il faut compter deux rotations de peupliers (15-20 ans /rotation) pour récolter des aulnes ayant atteint un diamètre suffisant. Lors de la deuxième rotation de peuplier, les peupliers installés dans la première rangée devront être insensibles au phénomène de phototropisme. La courbure provoquée par la recherche de lumière, sera réduite voire inexistante si l’on introduit des peupliers tels que I 45-51 ou Unal sur la première rangée. C’est d’ailleurs la recommandation donnée en cas de replantation à proximité de grands arbres.
L’installation d’aulnes en bordure des cours d’eau est également favorable au milieu aquatique. Les poissons y trouveront des lieux privilégiés pour la reproduction.
Enfin, si l’aulne est une essence à développer, il ne faut pas oublier les récents problèmes phytosanitaires qu’il connaît (voir Bois et Forêts n° 28). Aussi, pour éviter une monoculture souvent synonyme de fragilité, d’autres essences comme le frêne, l’érable sycomore, et même le chêne pédonculé, pourront être intégrées à ce type de plantation. De même, des saules, des plantes comme les joncs, carex, iris, complèteront la fixation de la berge.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Eric Sinou CRPF | 1er trimestre 2001 | 33 | Technique |