Le changement climatique se traduit souvent par des agressions envers la forêt. Attaques parasitaires, stress hydriques et autres tempêtes voient ainsi leur fréquence et leur intensité augmenter. Le sylviculteur peut en diminuer les impacts, lorsqu’ils ne sont pas extrêmes, en appliquant une sylviculture dynamique qui concilie intérêt économique et environnemental.
Ce type de sylviculture consiste à obtenir un maximum de grumes de bois d’œuvre de qualité dans un minimum de temps. En effet, en termes économiques, le rendement d’un peuplement correspond à la somme des recettes actualisées, moins la somme des dépenses actualisées, le tout divisé par la durée du cycle de production. Ce dernier paramètre s’avère donc mathématiquement primordial.
L’âge de la coupe rase pour une futaie régulière ou celui de l’exploitation des arbres mûrs pour un peuplement irrégulier est ainsi raccourci. Par exemple, là où il était d’usage d’attendre 200 ans pour obtenir des chênes de 55cm de diamètre, il est désormais possible de les récolter entre 120 et 150 ans. Autres exemples, depuis le milieu du siècle dernier, le cycle d’une culture de pin maritime est passé de 70 à moins de 40 ans, celui du peuplier de 30 ans à environ 15-20 ans.
Cette dynamisation implique des efforts à tous les stades de la vie du peuplement. Le sylviculteur, sans surinvestir, doit respecter les principes de base suivants. Pour la plantation, il choisira bien sûr une essence adaptée au terrain et des arbres sélectionnés pour leur vitesse de croissance et leurs qualités. Afin de favoriser leur développement, il soignera la préparation du sol, leur mise en place et veillera à leur entretien (élimination de la concurrence). C’est ensuite au niveau de la conduite des éclaircies que le propriétaire peut gagner des années. En effet, si les arbres sont trop serrés, leur croissance en diamètre ralentit et donc il faut logiquement plus de temps pour atteindre l’âge d’exploitabilité. Les éclaircies doivent être fortes, précoces et régulièrement renouvelées.
Mais au-delà des aspects purement économiques, une sylviculture dynamique contribue également à limiter les risques liés au climat. Une plantation soignée permet un ancrage plus fort des racines et donc un meilleur accès aux ressources du sol. Les arbres sont en meilleure santé et plus résistants aux aléas. Par ailleurs, les éclaircies fortes favorisent des sujets plus trapus, dont le rapport hauteur sur diamètre est plus équilibré. Ces arbres présentent une meilleure vigueur que des arbres plus fins. Ils sont plus résistants aux attaques parasitaires, aux vents forts, …
Enfin, si l’on considère par exemple que l’on a une grande attaque sanitaire tous les 40 ans (pure spéculation), un peuplement conduit en 100 ans aura plus de chance d’être épargné que s’il est récolté au bout de 150 ans. En maintenant des peuplements trop vieux, le propriétaire multiplie les risques d’accidents.
Rendement économique et protection des peuplements passent donc par une gestion dynamique des forêts, qui est d’ailleurs tout à fait compatible avec la préservation de l’environnement. En effet, les éclaircies fortes aboutissent à des peuplements plus ouverts, plus riches en faune et en flore. Ce mode de gestion laisse également la possibilité de varier les essences, de maintenir quelques vieux arbres par hectare, de soigner les lisières, le tout au profit de la biodiversité. Le propriétaire est donc gagnant sur tous les plans.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Arnaud GUYON CRPF | 3ème trimestre 2010 | 71 | Technique |