Qu’il utilise lui même une tronçonneuse ou que quelqu’un l’utilise dans sa forêt, tout sylviculteur se doit de connaître les règles de sécurité liées à cet engin. En effet, encore trop d’accidents graves liés au bûcheronnage se produisent en forêt et leurs conséquences peuvent toucher non seulement leur victime, mais aussi leur employeur, si leur responsabilité est reconnue.
La première des sécurités concerne l’équipement obligatoire dont tout utilisateur de tronçonneuse doit être muni. Trois accessoires sont indispensables : le casque, le pantalon et les chaussures de sécurité. En cas d’absence de l’un d’eux pendant le travail, les assurances ne sont pas tenues d’assumer toutes les conséquences financières d’un accident.
Le casque est généralement pourvu de protège-oreilles, qui permettent de l’arrimer solidement à la tête et de préserver l’ouïe de l’utilisateur sur le long terme. Sans cet accessoire, la chute imprévue d’une branche morte depuis vingt cinq mètres de hauteur peut être fatale. Le pantalon de sécurité est doublé de "fibres bloque-chaîne" qui évitent les coupures graves affectant généralement la jambe gauche pendant l’ébranchage des arbres à terre. Dans les chaussures ou les bottes de sécurité, une coquille d’acier préserve les orteils pendant cette même phase de travail au sol.
En France, encore beaucoup trop de bûcherons, professionnels ou amateurs, dédaignent ces accessoires de travail. Les arguments pour justifier une telle attitude sont toujours les mêmes : coût des protections et inconfort. Au premier, on peut répondre qu’une jambe ou un pied coupé coûte infiniment plus cher qu’un équipement de sécurité. Quant au confort, il s’agit plus d’une question d’habitude contrariée que de réel inconfort. Tous les utilisateurs habitués à ces protections confirment qu’ils ne peuvent plus se passer de ces accessoires pour travailler. De la même façon, les automobilistes qui fulminaient contre le port de la ceinture, il y a 25 ans, se sentent aujourd’hui démunis, quand ils oublient de l’attacher. Un autre aspect de la sécurité concerne la tronçonneuse. Elle ne doit pas être surdimensionnée et être toujours parfaitement affûtée. La taille de la machine est très importante : une machine de 4 kg avec un guide de 40 cm est suffisante pour quelqu’un qui ne fait que du bois de chauffage. Un engin plus lourd génère beaucoup plus de fatigue et accroît ainsi le risque d’accident.
Enfin l’affûtage est la clé de la sécurité au travail : il conditionne le rendement de l’effort et diminue la fatigue de l’utilisateur. Affûter légèrement à l’occasion de chaque plein n’est ni une perte de temps, ni une cause d’usure excessive de la chaîne. Ne jamais oublier que la chaîne n’est pas une scie, mais une succession de petits rabots que sont les maillons gouges. Une chaîne en action doit donc produire des copeaux et non de la sciure qui est un indice montrant l’urgence de réaliser un affûtage. En outre une chaîne qui coupe bien est propre et brillante. Des gouges dont le toit s’encrasse sont également un signe révélateur d’un mauvais affûtage. Une chaîne qui coupe bien, c’est donc moins de carburant utilisé, plus de rendement au travail, moins de fatigue et par conséquent moins de risque d’accident.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Marc Demené CRPF | 4ème trimestre 2005 | 52 | Technique |