Principalement traité en taillis, le châtaignier est surtout attaqué par des champignons. Le vieillissement de l’ensouchement est alors un facteur d’autant plus aggravant que les conditions de sol et de climat sont défavorables.
Le Chancre du châtaignier est très répandu dans notre région. Ce champignon, le Cryphtonectria Parasitica, aussi appelé Endothia, provoque une boursouflure de l’écorce sur le collet, le tronc ou les branches à tous âges. On peut alors observer le dépérissement, voire la mort, de la partie supérieure de la tige et l’apparition de nombreux gourmands. La qualité du bois est altérée dans la partie chancreuse qui n’est plus utilisable en sciage.
Ce chancre présent dans toute la moitié sud de la France se développe de façon spectaculaire et inquiétante. Les outils à moteur, tronçonneuses, épareuses, grumiers… sont les principaux vecteurs de propagation. Pour limiter l’extension de la maladie, le transport de bois et de plants de châtaignier est réglementé. Les piquets et tuteurs doivent obligatoirement être écorcés s’ils sont transportés vers une zone indemne de la maladie.
Le Javart et le Corynéum sont deux autres chancres. A la différence du précédent, ils ne s’attaquent qu’aux taillis affaiblis et provoquent une blessure de forme allongée.
L’Encre et l’Armillaire sont, quant à eux, des champignons qui colonisent le système racinaire. Ces maladies provoquent le dépérissement de la tige entière, voire de la cépée. La maladie de l’Encre se caractérise par une tâche noirâtre au niveau du collet alors que l’Armillaire est reconnaissable à son réseau de filaments blancs sous l’écorce.
Certaines années, des dépérissements de cépées s’observent par zones irrégulières. La cause n’est pas une maladie, mais un affaiblissement naturel, voire un épuisement du système racinaire. Ce phénomène peut intervenir après une sécheresse marquée, un excès d’eau prolongé, un vieillissement de l’ensouchement ....
La production de bois de qualité et le maintien d’un peuplement sain et vigoureux sont garantis par une exploitation soignée et une bonne gestion sylvicole. Celle-ci passe par un abattage régulier du taillis avant 30 ans. Les tiges doivent être coupées au ras du sol afin que les rejets puissent s’affranchir en développant leurs propres racines.
La tempête a aussi provoqué de nombreux dégâts dans les taillis de châtaignier. C’est peut-être l’occasion de renouveler l’ensouchement en privilégiant le développement des semis naturels.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Mathieu Bergeron CETEF | 4ème trimestre 2001 | 36 | Technique |