La régénération naturelle du châtaignier a pour objectif de transformer un taillis en futaie, en favorisant à la fois le développement des semis préexistants et l’installation de nouveaux. Encore expérimentale, elle permet une sylviculture alternative au traitement en taillis, dont les coupes successives finissent par épuiser les souches et le sol.
La présence de semis sous un peuplement et d’une fructification abondante sur les brins de taillis sont des critères favorables à la réussite d’une régénération naturelle. L’exploitation du taillis est alors réalisée en une seule fois aussitôt après la chute des châtaignes. Le débardage des bois doit se terminer avant le printemps suivant. En effet, le passage des engins sur l’ensemble de la parcelle permet d’enfouir une bonne partie des châtaignes, ce qui les maintient à l’abri du soleil et favorise leur germination.
Il est conseillé de ne pas régénérer de surfaces trop importantes à la fois. Les jeunes semis de châtaignier ont en effet besoin d’une protection latérale contre, tour à tour, les gelées printanières et l’insolation. Dans la pratique, il faut éviter de lancer ce genre d’opération sur une largeur supérieure à 5 fois la hauteur des peuplements voisins.
Dès la première année, il est indispensable de dévitaliser chimiquement les cépées pour éviter l’étouffement des jeunes semis par les rejets. Pour cela, il est possible de badigeonner les souches juste après l’exploitation ou de traiter les rejets en fin d’été.
Une fois la régénération acquise et les rejets maîtrisés, le suivi consiste à rabattre la végétation spontanée nuisible aux jeunes plants. L’ouverture d’un cloisonnement tous les 5 à 10 mètres d’axe en axe facilite l’accès et donc le travail à l’intérieur de la parcelle. Les genêts et les bouleaux sont les concurrents les plus dangereux. Les premiers sont à rabattre tant que les brins de châtaignier n’ont pas atteint une hauteur de 3 mètres. Les seconds sont à éliminer, s’ils dominent les châtaigniers.
Une sélection proprement dite au sein des perches de châtaignier est ensuite à envisager. Très tôt, il faut éliminer les arbres trop vigoureux dont le développement rapide et anarchique peut gêner des sujets mieux conformés. Lorsque le peuplement atteint 7 à 9 mètres de hauteur, soit aux environs de 12 à 15 ans, le repérage de 200 à 300 tiges par hectare est à réaliser. Ces arbres sont alors taillés et élagués progressivement jusqu’à 6 mètres. Des éclaircies tous les quatre à six ans sont ensuite réalisées.
L’objectif est d’obtenir à terme une futaie composée d’arbres de plus grosses dimensions, recherchés par les industriels. Mais attention, cette technique est à limiter aux meilleures stations à châtaignier, et dans les secteurs où il n’y a pas de risques comme l’endothia.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Martial Hommeau CRPF | 4ème trimestre 2003 | 44 | Technique |