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- Taillis simples -


Représentation d'un taillis

Définition

Ce sont des peuplements feuillus composés de rejets de souches et de drageons, ayant tous le même âge. On considérera comme taillis simples, les peuplements comportant moins de 10 tiges individualisées par hectare, de diamètre supérieur à 27,5 cm.

Répartition-importance

Carte de répartition des taillis en Poitou-Charentes Ces formations couvrent environ 110 000 ha dans notre région.

Les taillis sont purs, lorsqu’une essence domine à plus de 80 %. Ce sont :

  • des taillis de chêne sessile ou pédonculé sur les terrains acides et pubescent sur les zones calcaires ;
  • des taillis de châtaignier ;
  • des taillis de robinier faux acacia ;
  • des taillis de frêne dans les vallées.

Dans les autres cas, on parlera de taillis mélangés.

Taillis de chênes dans les Terres de Brandes
Taillis de chênes dans les Terres de Brandes

Taillis de châtaignier sur les Terres rouges
Taillis de châtaignier sur les Terres rouges

Enjeux

Enjeux économiques : petit bois et chauffage

Bois de chauffage "bûches" La croissance de ces peuplements est très variable en fonction de l’essence et de la station. Ainsi les taillis les moins productifs à base de chêne pubescent croissent de 2 à 5 stères/ha/an tandis que les meilleurs, à base de châtaignier, fournissent entre 9 et 18 stères de bois/ha/an.
Piquets de châtaignier et triturartion

Un taillis de châtaigniers peut produire plus de 300 stères/ha. Les produits sont toujours de petites dimensions. Traditionnellement, les taillis étaient traités pour la fourniture d’énergie (bois de feu, charbon de bois, …) et de piquets. Actuellement, ils fournissent des petits sciages (parquets, lambris, …) et des piquets pour le châtaignier, du bois de feu pour le chêne, le charme et le frêne ainsi que du bois de trituration (pâte à papier, panneaux de particules, …) pour toutes les essences.

Enjeux environnementaux et sociaux

Les petits bois structurent le paysage Les taillis sont un élément important du paysage, puisqu’ils constituent la majorité des bosquets.

La faune y trouve refuge et nourriture à tous les stades du développement des taillis.

Gestion des taillis simples

Les choix de gestion des taillis
sont présentés dans le tableau
ci-dessous.
Ils dépendent notamment de
la présence d’un nombre
suffisant de perches ou de
petits bois d’avenir.
Les tiges d’avenir doivent être repérées
Les tiges d’avenir doivent être repérées

Perche ou petit bois d’avenir :
Tiges de l’âge du taillis, issue de
rejets, de drageons ou d’un
semis, d’essence noble (chêne
, frêne,merisier, châtaignier, …),
et de bonne conformation.
Cette tige est donc susceptible
de fournir à l’âge adulte du
bois d’oeuvre.




Peuplement initial Itinéraires Peuplement final
Avec moins de
60 perches ou
PB*/ha
Taillis simple
Avec plus de
60 perches ou
PB*/ha
Maintien.................
Enrichissement.......
Transformation.......
Taillis simple
Peuplement irrégulier
Futaie irrégulière
Maintien.................
Conversion.............
Taillis simple
Futaie régulière
Cas particulier du Taillis de Châtaignier

.


*Diamètre moyen des tiges à 1,30 m :
  • Petits Bois (PB) : de 17,5 à 27,5 cm ;
  • Bois Moyens (BM) : de 27,5 à 47,5 cm ;
  • Gros Bois (GB) : supérieur à 47,5 cm.

Itinéraire : maintien du taillis

Principes et motifs

Après coupe rase, les rejets permettent la reconstitution du peuplement

La gestion en taillis consiste à couper à blanc un peuplement à intervalles réguliers, compris entre 20 et 50 ans suivant les essences. La repousse provient des rejets de souche, drageons mais également des semis.

Le maintien du taillis est souvent lié à des motifs économiques : production de bois de trituration, de bois de feu, de piquets, d’échalas, de pieux à moules, de petits sciages (parquets, lambris, … notamment en châtaignier).

Règles de culture

Représentation du cycle du taillis
Représentation du cycle du taillis

Les intervalles entre coupes rases sont fonction de l’essence dominante

Essence dominante Durée entre deux
coupes rases
Charme 35 - 45 ans
Châtaignier 20 - 25 ans
Chêne rouvre ou pédonculé 25 - 35 ans
Chêne pubescent 30 - 45 ans
Robinier 20 - 30 ans
Divers
(Tilleul, Tremble, Bouleau)
20 - 30 ans
Nos conseils
  • Respecter l’intervalle entre les exploitations : les coupes trop rapprochées épuisent les sols, les coupes trop espacées fatiguent les souches ;
  • effectuer le recépage de préférence en hiver et au ras du sol pour garantir la vigueur du taillis ;
  • adapter l’âge d’exploitation en fonction des produits recherchés ;
  • éviter le brûlage des rémanents, préférer un rangement en cordons ou leur dispersion sur la coupe. Ces techniques permettent le recyclage de la matière organique et une protection contre la dent du gibier.





Itinéraire : conversion du taillis en futaie régulière

Principes et motifs

Il s’agit de passer du taillis à la futaie régulière sur souches (conversion). Cette solution est préconisée pour les jeunes taillis contenant des essences nobles bien adaptées à la station et en quantité suffisante (plus de 60 tiges par ha). Cette opération permettra de produire du bois d’œuvre ou de créer un parc ou une zone de loisirs…

Règles de culture

Principe de la conversion d'un taillis

Éclaircie de conversion

Elle comprend les étapes suivantes : Tige d'avenir de chêne

  • Ouverture d’un cloisonnement cultural : exploitation de bandes de 3 à 4 m de large, espacées de 15 à 30 m, destinées à sortir les bois en évitant le tassement du sol et les blessures aux arbres.
  • Désignation des arbres d’avenir : repérage des tiges qui vont constituer le peuplement final. Sur un hectare, on marque 60 à 150 brins du taillis bien conformés et d’essences nobles.
  • Marquage et éclaircie pour dégager les arbres d’avenir (détourage). Cette opération préserve une partie du peuplement, dont le rôle consiste à accompagner et à gainer les tiges d’avenir. L’intensité de cette éclaircie sera comprise entre 20 et 50 % du volume du peuplement initial.
    Éventuellement élagage sur 6 m des tiges d’avenir.

Eclaircies suivantes

Rotation entre 5 et 20 ans suivant l’essence dominante.

Intensité : enlever 1 à 3 brins de l’étage dominant par tige d’avenir, à chaque passage (prélèvement inférieur à 30 % du volume). L’accompagnement joue un rôle cultural, il ne doit plus être exploité en coupe rase.

Terme d’exploitabilité
des essences objectifs
Densité finale /ha Diamètres d’exploitabilité
Châtaignier 100 à 150 30 / 40 cm
Chênes communs 70 à 100 50 / 65 cm
Frêne commun 70 à 80 60 / 70 cm
Grands érables et Merisier 80 à 100 50 / 60 cm
Autres fruitiers 80 à 120 45 / 50 cm

Renouvellement

Il s’effectue par régénération naturelle ou artificielle.
Pour plus de renseignements se reporter à la fiche "futaie régulière"

Nos conseils
  • Agir de préférence dans les peuplements jeunes ;
  • expliquer ou associer l’exploitant au marquage ; en aucun cas le sous-étage ne doit être exploité ;
  • entretenir régulièrement les cloisonnements ;
  • éviter absolument la désignation de 400 tiges par ha et la coupe rase du reste du peuplement (descente de cime).





Itinéraire : enrichissement d’un taillis

Principe et motifs

Il s’agit de créer un peuplement irrégulier, composé d’une futaie plus ou moins claire (issue d’une plantation) sur un taillis, en vue de produire du bois d’oeuvre. Le taillis est conservé comme peuplement d’accompagnement.
Son maintien évite les traumatismes sur le milieu dus à un reboisement en plein (paysage, dessouchage, …). Cette technique est à réserver aux stations riches, avec un taillis dont les essences ne sont pas adaptées aux conditions locales ou au marché.

Règles de culture

Principe de l'enrichissement d'un taillis

Installation de la futaie

Le merisier est bien adapté à l'enrichissement des taillis Après coupe rase du taillis, installation de 100 à 400 plants sur des lignes distantes de plus de 10 m. Pose d’une protection « chevreuil » (1,20 m de haut) à chaque plant.

Entretien

Entretien régulier d’un passage le long de la ligne de plantation et dégagement de la tête des plants, afin de les maintenir au soleil et ce pendant 10 à 15 ans.

Désignation des arbres d’avenir et de la première éclaircie

Repérage des arbres d’avenir qui vont constituer le peuplement final, entre 15 et 20 ans :

  • Désignation, à l’hectare, de 60 à 250 arbres parmi les arbres introduits et éventuellement parmi les brins de taillis ;
  • éclaircie dans le peuplement d’accompagnement pour dégager les arbres d’avenir tout en préservant un sous-étage. Intensité de prélèvement compris entre 20 et 50 % du peuplement initial ;
  • élagage sur 6 m des tiges d’avenir si nécessaire.
Terme d’exploitabilité
des essences objectifs
Densité finale /ha Diamètres d’exploitabilité
Chêne sessile ; chêne pédonculé
(attention aux stations)
60 à 150 50 à 65 cm
Chêne rouge d’Amérique,
Frêne commun, Grands érables, Merisier,
Noyer noir d’Amérique ou hybride
60 à 150 40 à 70 cm
Douglas 100 à 300 45 à 60 cm
Pin maritime 100 à 300 45 à 50 cm

Eclaircies suivantes

Rotation entre 5 et 20 ans suivant l’essence dominante.

Intensité : enlever 1 à 3 brins de l’étage dominant par tige d’avenir à chaque passage (prélèvement inférieur à 30 % du volume). Le taillis joue un rôle cultural, il ne doit plus être exploité en coupe rase.

Renouvellement

Il s’effectue par régénération naturelle ou artificielle.

Pour plus de renseignements se reporter à la fiche "futaie régulière"

Nos conseils
  • Contrôler le développement du taillis à proximité des plants ; c’est la principale difficulté de cet itinéraire ;
  • veiller, au moment des éclaircies, à conserver un accompagnement destiné à gainer les brins d’avenir.





Itinéraire : transformation en futaie régulière

Principes et motifs

Il s’agit de créer une futaie en vue de produire du bois d’oeuvre par reboisement, après coupe rase ou destruction du taillis. Cette opération lourde ne se justifie qu’en présence d’une station à forte potentialité et d’un taillis sans intérêt économique, environnemental ou social.

Règles de culture

Principe de la transformation d'un taillis

L’installation du peuplement se fait artificiellement par semis ou plantation en plein en utilisant les techniques les plus adaptées du moment et utilisables localement. Pour mémoire :

  • taillis à faible ensouchement : installation après coupe rase du peuplement ou sa destruction ;
  • taillis à fort ensouchement : installation après destruction partielle ou en plein.

Le changement d’essence nécessite des moyens lourds

Le changement d’essence nécessite des moyens lourds
Le changement d’essence nécessite des moyens lourds

Le changement d'essence nécessite des moyens lourds

Le peuplement se gère ensuite comme une futaie régulière Pour plus de renseignements se reporter à la fiche "futaie régulière" ou la fiche de l’essence choisie.

Nos conseils
  • Préparer le terrain pour une bonne installation des plants ou des semis ;
  • choisir des essences adaptées à la station.


Cas particulier du châtaignier

Principes et motifs

La dynamique et l’importance des taillis de châtaignier dans certaines régions naturelles de Poitou-Charentes (essentiellement les Terres Rouges) et l’existence de débouchés locaux pour les petits sciages justifient un traitement sylvicole particulier, basé sur la diminution vigoureuse du nombre de tiges.

Les techniques ci-dessous sont à réserver aux beaux taillis vigoureux, indemnes de maladies et de roulure.

Règles de culture

Cas particulier des taillis à vocation petits sciages

L'éclaircie permet aux belles tiges de grossir Une intervention = dépressage

Afin de diminuer la part de bois de trituration au profit des petits sciages, il est possible de modifier l’itinéraire classique du taillis de châtaignier. Pour cela, lorsque le peuplement est âgé de 10 à 15 ans, le propriétaire effectue un dépressage.

Cette opération de masse, sans désignation de tiges d’avenir, supprime jusqu’à 75 % des tiges vivantes qui sont laissées sur place. Elle laisse 1 000 à 1 200 tiges par hectare, qui, disposant de plus de place, grossiront plus vite. Le taillis est ensuite coupé ras. L’âge de la coupe rase est légèrement supérieur à celui d’une coupe rase traditionnelle de taillis (>25 ans).

Conversion des taillis de châtaignier en futaie régulière (sur souche)

Les Châtaignierrs de grosse dimension peuvent être valorisés en ébénisterie On cherche à produire entre 30 et 50 ans une futaie composée de 100 à 300 tiges d’un diamètre de 25 à 40 cm. Pour cela plusieurs interventions sont nécessaires :

Dépressage : cette opération s’effectue entre 10 et 14 ans

Éclaircies suivantes : d’une rotation comprise entre 5 et 10 ans, elles prélèvent entre 25 et 35 % du nombre des tiges à chaque passage.

Reconstitution : elle s’effectue par régénération naturelle ou artificielle (voir la fiche « futaie régulière »), après destruction des souches.

Nos conseils

Effectuer impérativement et préalablement à toute opération un diagnostic du taillis sur la base :

  • de données dendrométriques (il importe que les tiges soient vigoureuses, c’est-à-dire qu’à 10 ans, elles aient une hauteur dominante de 9 mètres et une circonférence minimum de 25 cm) ;
  • de données liées à la rectitude des brins et à leur insertion sur la souche (affranchissement possible ou non) ;
  • de données sanitaires : absence ou quasi-absence de chancres virulents et de roulure.





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