Ce sont des peuplements feuillus composés de rejets de souches et de drageons, ayant tous le même âge. On considérera comme taillis simples, les peuplements comportant moins de 10 tiges individualisées par hectare, de diamètre supérieur à
27,5 cm.
Ces formations couvrent environ 110 000 ha dans notre région.
Les taillis sont purs, lorsqu’une essence domine à plus de 80 %. Ce sont :
Dans les autres cas, on parlera de taillis mélangés.
La croissance de ces peuplements est très variable en fonction de l’essence et de la station. Ainsi les taillis les moins productifs à base de chêne pubescent croissent de 2 à 5 stères/ha/an tandis que les meilleurs, à base de châtaignier, fournissent entre 9 et 18 stères de bois/ha/an.
Un taillis de châtaigniers peut produire plus de 300 stères/ha.
Les produits sont toujours de petites dimensions.
Traditionnellement, les taillis étaient traités pour la fourniture d’énergie (bois de feu, charbon de bois, …) et de piquets. Actuellement, ils fournissent des petits sciages (parquets, lambris, …) et des piquets pour le châtaignier, du bois de feu pour le
chêne, le charme et le frêne ainsi que du bois de trituration (pâte à papier, panneaux de particules, …) pour toutes les essences.
Les taillis sont un élément important du paysage, puisqu’ils constituent la majorité des bosquets.
La faune y trouve refuge et nourriture à tous les stades du développement des taillis.
| Peuplement initial | Itinéraires | Peuplement final | ||||||||||||
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| Cas particulier du Taillis de Châtaignier | ||||||||||||||
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La gestion en taillis consiste à couper à blanc un peuplement à
intervalles réguliers, compris entre 20 et 50 ans suivant les essences. La
repousse provient des rejets de souche, drageons mais également des
semis.
Le maintien du taillis est souvent lié à des motifs économiques :
production de bois de trituration, de bois de feu, de piquets, d’échalas,
de pieux à moules, de petits sciages (parquets, lambris, … notamment
en châtaignier).
Les intervalles entre coupes rases sont fonction de l’essence dominante
| Essence dominante | Durée entre deux coupes rases |
|---|---|
| Charme | 35 - 45 ans |
| Châtaignier | 20 - 25 ans |
| Chêne rouvre ou pédonculé | 25 - 35 ans |
| Chêne pubescent | 30 - 45 ans |
| Robinier | 20 - 30 ans |
| Divers (Tilleul, Tremble, Bouleau) | 20 - 30 ans |
Il s’agit de passer du taillis à la futaie régulière sur souches (conversion). Cette solution est préconisée pour les jeunes taillis contenant des essences nobles bien adaptées à la station et en quantité suffisante (plus de 60 tiges par ha). Cette opération permettra de produire du bois d’œuvre ou de créer un parc ou une zone de loisirs…
Elle comprend les étapes suivantes :
Rotation entre 5 et 20 ans suivant l’essence dominante.
Intensité : enlever 1 à 3 brins de l’étage dominant par tige d’avenir, à chaque passage (prélèvement inférieur à 30 % du volume). L’accompagnement joue un rôle cultural, il ne doit plus être exploité en coupe rase.
| Terme d’exploitabilité des essences objectifs | Densité finale /ha | Diamètres d’exploitabilité | ||
|---|---|---|---|---|
| Châtaignier | 100 à 150 | 30 / 40 cm | ||
| Chênes communs | 70 à 100 | 50 / 65 cm | ||
| Frêne commun | 70 à 80 | 60 / 70 cm | ||
| Grands érables et Merisier | 80 à 100 | 50 / 60 cm | ||
| Autres fruitiers | 80 à 120 | 45 / 50 cm |
Il s’effectue par régénération naturelle ou artificielle.
Pour plus de renseignements se reporter à la fiche "futaie régulière"
Il s’agit de créer un peuplement irrégulier, composé d’une futaie plus ou moins claire (issue d’une plantation) sur un taillis, en vue de produire du bois d’oeuvre. Le taillis est conservé comme peuplement d’accompagnement.
Son maintien évite les traumatismes sur le milieu dus à un reboisement en plein (paysage, dessouchage, …). Cette technique est à réserver aux stations riches, avec un taillis dont les essences ne sont pas adaptées aux conditions locales ou au marché.
Après coupe rase du taillis, installation de 100 à 400 plants sur des lignes distantes de plus de 10 m. Pose d’une protection « chevreuil » (1,20 m de haut) à chaque plant.
Entretien régulier d’un passage le long de la ligne de plantation et dégagement de la tête des plants, afin de les maintenir au soleil et ce pendant 10 à 15 ans.
Repérage des arbres d’avenir qui vont constituer le peuplement final, entre 15 et 20 ans :
| Terme d’exploitabilité des essences objectifs | Densité finale /ha | Diamètres d’exploitabilité | ||
|---|---|---|---|---|
| Chêne sessile ; chêne pédonculé (attention aux stations) | 60 à 150 | 50 à 65 cm | ||
| Chêne rouge d’Amérique, Frêne commun, Grands érables, Merisier, Noyer noir d’Amérique ou hybride | 60 à 150 | 40 à 70 cm | ||
| Douglas | 100 à 300 | 45 à 60 cm | ||
| Pin maritime | 100 à 300 | 45 à 50 cm |
Rotation entre 5 et 20 ans suivant l’essence dominante.
Intensité : enlever 1 à 3 brins de l’étage dominant par tige d’avenir à chaque passage (prélèvement inférieur à 30 % du volume). Le taillis joue un rôle cultural, il ne doit plus être exploité en coupe rase.
Il s’effectue par régénération naturelle ou artificielle.
Pour plus de renseignements se reporter à la fiche "futaie régulière"
Il s’agit de créer une futaie en vue de produire du bois d’oeuvre par reboisement, après coupe rase ou destruction du taillis. Cette opération lourde ne se justifie qu’en présence d’une station à forte potentialité et d’un taillis sans intérêt économique, environnemental ou social.
L’installation du peuplement se fait artificiellement par semis ou plantation en plein en utilisant les techniques les plus adaptées du moment et utilisables localement. Pour mémoire :
Le changement d’essence nécessite des moyens lourds
Le peuplement se gère ensuite comme une futaie régulière Pour plus de renseignements se reporter à la fiche "futaie régulière" ou la fiche de l’essence choisie.
La dynamique et l’importance des taillis de châtaignier dans certaines régions naturelles de Poitou-Charentes (essentiellement les Terres Rouges) et l’existence de débouchés locaux pour les petits sciages justifient un traitement sylvicole particulier, basé sur la diminution vigoureuse du nombre de tiges.
Les techniques ci-dessous sont à réserver aux beaux taillis vigoureux, indemnes de maladies et de roulure.
Une intervention = dépressage
Afin de diminuer la part de bois de trituration au profit des petits sciages, il est possible de modifier l’itinéraire classique du taillis de châtaignier. Pour cela, lorsque le peuplement est âgé de 10 à 15 ans, le propriétaire effectue un dépressage.
Cette opération de masse, sans désignation de tiges d’avenir, supprime jusqu’à 75 % des tiges vivantes qui sont laissées sur place. Elle laisse 1 000 à 1 200 tiges par hectare, qui, disposant de plus de place, grossiront plus vite. Le taillis est ensuite coupé ras. L’âge de la coupe rase est légèrement supérieur à celui d’une coupe rase traditionnelle de taillis (>25 ans).
On cherche à produire entre 30 et 50 ans une futaie composée de 100 à 300 tiges d’un diamètre de 25 à 40 cm. Pour cela plusieurs interventions sont nécessaires :
Dépressage : cette opération s’effectue entre 10 et 14 ans
Éclaircies suivantes : d’une rotation comprise entre 5 et 10 ans, elles prélèvent entre 25 et 35 % du nombre des tiges à chaque passage.
Reconstitution : elle s’effectue par régénération naturelle ou artificielle (voir la fiche « futaie régulière »), après destruction des souches.
Effectuer impérativement et préalablement à toute opération un diagnostic du taillis sur la base :