- Terrains à nappe profonde : penser aux clones interaméricains -

Les peupliers interaméricains occupent une place peu conséquente dans la populiculture régionale (7 % des plants vendus en Poitou-Charentes). Et pourtant leurs atouts sont nombreux : forte croissance, bonne qualité du bois, belle forme des tiges...

Mais attention aux problèmes sanitaires, avec notamment les rouilles qui limitent leur emploi.

La plupart des interaméricains ont été sélectionnés au début des années 60 par l’institut belge de Grammont.

Ils présentent en général une écorce restant lisse assez longtemps, variant du vert au gris. Le tronc est bien droit. La branchaison est répartie en verticilles bien marqués. La dominance apicale est forte. Quelques grosses branches (charpentières) ou fourches peuvent se développer. Des tailles de formation précoces sont à réaliser, surtout pour les sujets les plus vigoureux. Ces peupliers peuvent être installés à proximité de grands arbres. Leur phototropisme faible limitera la courbure des troncs vers la lumière.

Les feuilles sont lancéolées, en forme de fer de lance, de grande dimension. Leur taille et leur abondance rendent les arbres fragiles face au vent. Le risque de bris de cime est élevé sur les interaméricains. L’impact des rouilles (champignons foliaires) est variable suivant les clones.

Ainsi, Hunnegem n’est plus planté du fait de sa trop forte sensibilité à la rouille Melampsora larici populina.

Beaupré et Boelare sont fortement atteints par la race E4 de cette même rouille. Cette race, découverte en 1994, touche actuellement le nord de la France.

L’impact de Melampsora larici est encore mal connu sur Unal. Quant à Raspalje, il offre une assez bonne tolérance à l’ensemble des rouilles.

Les interaméricains sont appréciés des cervidés qui occasionnent des dégâts par frottis et écorçage.

Ils peuvent être aussi fortement attaqués par les insectes xylophages (saperdes, sésies...).

Ces hybrides sont moins exigeants en eau et en richesse chimique des sols que les euraméricains. Ils conviennent aux stations alluviales à nappe profonde.

Sur les stations alluviales bien alimentées en eau, ils montrent des résultats similaires aux plus performants des euraméricains. En revanches, ils tolèrent moins que ces derniers les stations mouilleuses. Ils craignent particulièrement les inondations printanières. En Poitou-Charentes, les expérimentations montrent qu’ils sont peu performants en croissance dans les sols argileux.

Ils supportent des terrains plus acides que les euraméricains. Des problèmes de chlorose surviennent en présence de calcaire actif. Ce risque est surtout élevé dans les terrains les plus séchants.

Les interaméricains réagissent favorablement au travail du sol en entretien au cours des premières années.

Enfin, leur bonne qualité de bois mérite d’être soulignée. Ils sont particulièrement adaptés au déroulage.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Alain Rousset
ADEP
3ème trimestre 1999 27 Essences
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