- Travail et passion rendent la forêt rentable -

Christian GIRARD

Christian Girard, outre son activité professionnelle salariée, est un sylviculteur passionné, responsable de l’atelier peuplier régional. Il nous fait part de son expérience forestière.

Bois et Forêts : D’où vous vient cette passion pour la forêt ?

Christian Girard : Tout a commencé en décembre 1993 alors que mon père était vendeur d’une parcelle de peupliers. J’ai décidé de l’acheter et sur les conseils du CRPF, je l’ai replantée. Je ne connaissais alors rien aux questions forestières. J’ai donc décidé de suivre un stage FOGEFOR. Cette FOrmation à la GEstion FORestière m’a apporté une multitude d’informations tant sur le plan sylvicole qu’au niveau de la fiscalité. J’ai très vite été intéressé par le peuplier et c’est devenu une passion.

B. & F. : Selon vous, la sylviculture peut-elle être une activité rentable ?

C. G. : Je fais un maximum de travaux moi-même, seuls le débardage et le transport du bois de chauffage sont sous-traités à des professionnels. Je passe en moyenne un peu plus de 7 heures par semaine dans mes bois. L’été, c’est l’entretien des peupliers avec les broyages, les tailles et les élagages. L’hiver est consacré au bois de chauffage et aux éventuelles plantations. Quand le temps est trop mauvais, j’en profite pour assurer l’entretien de mon matériel. Je coupe entre 150 et 200 stères de bois de chauffage par an, que je livre en fagots à une clientèle située autour de Châtellerault. Les marges dégagées par le bois de chauffage me permettent d’investir dans l’achat de nouvelles parcelles mais également d’acquérir du matériel pour optimiser mon travail. Aujourd’hui, après 15 ans de travail, je possède 15ha de peupliers en production et environ 25 ha de taillis.

B. & F. : Avec maintenant 15 ans de recul, comment analysez-vous votre activité ?

C. G. : Depuis le début, mon activité forêt s’autofinance. Cette année, j’ai vendu les premiers peupliers que j’ai plantés. Les revenus de cette activité en sont donc à leur tout début. Ces ventes me serviront à constituer un capital. La forêt est pour moi une vraie raison de vivre. Je n’ai qu’un seul regret, celui de ne pas pouvoir constituer une unité forestière d’un seul tenant. De plus, la prospection et l’achat de nouvelles parcelles me prennent beaucoup de temps.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
1er trimestre 2009 65 L’Interview
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