Bois et Forêts : Le CRPF renouvelle son Conseil d’Administration, quels en sont les enjeux ?
Eric Le Gallais : Comme tous les 6 ans, les propriétaires forestiers vont être appelés aux urnes pour élire leurs pairs au sein du Conseil d’Administration. En effet, ce sont des propriétaires forestiers qui administrent le CRPF et en font un organisme proche des réalités de terrain. L’arrivée de nouveaux administrateurs apportera une richesse de réflexion nouvelle. Ils seront appuyés par ceux qui ont la volonté de rester « au service » et qui assurent ainsi une continuité dans l’action.
B. & F. : Comment se traduit concrètement la notion de gestion durable, inscrite dans la loi forestière de 2001 ?
E. L. G. : La gestion durable implique pour le CRPF outre la fonction économique, une prise en compte plus appuyée des facteurs environnementaux et sociaux de la forêt. La mission économique du CRPF reste inchangée. Cependant les propriétaires sont désormais confrontés à un marché où les consommateurs se sentent concernés par l’évolution des forêts et souhaitent de plus en plus de lisibilité et de traçabilité.
Les sylviculteurs sont ainsi amenés à affirmer leur image de « gestionnaires durables ».
Pour permettre aux propriétaires privés et publics d’affirmer leur volonté d’être des partenaires efficaces et réalistes dans la protection de l’environnement, la filière forêt-bois a mis en place « un certificat écologique » : PEFC, garantissant que les bois proviennent de forêts gérées durablement. Ceci implique une prise en compte plus importante de l’environnement et entraîne une nouvelle façon d’aborder la gestion de la forêt. Les documents ayant trait à la gestion, tels que le Schéma Régional de Gestion Sylvicole, les Plan Simples de Gestion ou le Code des Bonnes Pratiques Sylvicoles intègrent cette dimension. En Poitou-Charentes, de par les habitudes prises de longue date, le mode de gestion de nos forêts ne s’en trouvera pas profondément modifié. Cette nouvelle mission amène cependant au CRPF une surcharge administrative, pour laquelle aucun moyen humain ou financier supplémentaire n’a été mis en place. C’est donc malheureusement au détriment du travail de terrain que s’effectuent ces nouvelles tâches.
B. & F. : Comment la filière bois se structure-t-elle face aux défis qu’elle doit relever ?
E. L. G. : Pour la première fois, l’ensemble des acteurs de la filière bois se retrouvent au sein d’une même structure : Futurobois. Ainsi unis, nous pouvons faire valoir la très grande importance de la filière forêt-bois dans notre région. Nos partenaires traditionnels que sont l’Etat et la Région sont très attachés au fait d’avoir un seul interlocuteur porteur de projets communs. Cela entraînera sans doute des modifications dans les méthodes de travail du CRPF et dans les contractualisations qu’il pourrait réaliser avec la Région. L’ensemble de la filière doit pouvoir retirer les bénéfices d’actions communes qui ont pour objectif entre autres d’aider le propriétaire à mieux gérer et valoriser son patrimoine forestier.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Bois et Forêts | 1er trimestre 2005 | 49 | Trois questions à |