Bois et Forêts : Hormis les problèmes sanitaires liés à la reconstitution des parcelles sinistrées, quels sont ceux rencontrés en 2002 dans les forêts de notre région ?
François-Xavier Saintonge : Les principaux faits relatés par les correspondants observateurs de Poitou-Charentes sont de trois ordres. En premier lieu, les attaques de pissodes ont occasionné au printemps dernier, d’importants dégâts sur les plantations de pins Laricio de Corse de moins de 15 ans. Ces petits charançons attaquent de préférence des arbres affaiblis par des ravageurs primaires ou par des accidents climatiques. Les piqûres d’alimentation et de ponte se situent sur les jeunes pousses et les jeunes rameaux. Elles entraînent un brunissement soudain du feuillage des parties atteintes mais rarement la mort de l’arbre.
Un autre phénomène concerne le châtaignier. D’importants dépérissements ont été constatés dans l’ensemble de notre région. Ils ont souvent des origines diverses, mais la maladie de l’encre semble actuellement prendre de l’ampleur dans certains secteurs. Celle-ci, causée par des champignons du genre phytophtora, infecte les racines et parfois le collet des arbres, entraînant la mort des sujets atteints. Le parasite progresse par taches concentriques.
La troisième préoccupation régionale concerne les rouilles des peupliers qui ont, cette année, contaminé de nombreux cultivars.
B. & F. : A ce sujet, comment explique t-on l’ampleur des contaminations des peupliers par les rouilles et quelles craintes peut-on avoir ?
F-X S. : Les attaques importantes de rouilles à Melampsora laricii populina ont débuté en Poitou-Charentes en 1995. Les dégâts occasionnés par cette maladie foliaire sont d’abord apparus sur le cultivar Luisa Avanzo puis sur Beaupré en 1998. Durant l’été 2002, le climat doux et humide a favorisé la contamination d’un grand nombre d’autres clones. C’est ainsi que l’on a pu observer fin août des pustules sur Dorskamp. Ces infections, lorsqu’elles sont précoces, c’est-à-dire en juillet, entraînent une réduction de croissance. Les attaques répétées et massives provoquent des dérèglements physiologiques et parfois la mort des arbres.
B. & F. : Comment se manifestent ces attaques et comment peut-on les limiter ?
F-X S. : Ces attaques se caractérisent par l’apparition, durant l’été, de pustules orangées sur la face inférieure des feuilles, qui se dessèchent et chutent précocement. Actuellement, cinq races de rouilles à Melampsora laricii populina sont recensées. Elles peuvent atteindre la plupart des cultivars à des degrés divers. Leurs conséquences varient néanmoins en fonction du clone, de l’âge des arbres, des techniques sylvicoles, du climat de l’année. Afin de limiter l’ampleur des contaminations, il est indispensable de diversifier les cultivars. L’utilisation exclusive de l’un d’entre eux au sein d’une vallée favorise le développement et la dynamique d’une race de rouille.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Bois et Forêts | 1er trimestre 2003 | 41 | Trois questions à |