Jean-François Guenon est pépiniériste à BENET dans le Marais Poitevin. Il produit environ 45 000 plants par an. Son secteur d’activité s’étend du Maine et Loire au sud des Charentes. Les plants qu’il produit sont issus à 50 % de boutures, l’autre moitié étant produite à partir de pieds-mères (plants issus de rejets provenant de l’ensouchement de tiges commercialisées l’année précédente).
Bois et Forêts : Quelles sont les principaux itinéraires techniques de production de plants ?
J-F Guenon : Concernant les jeunes boutures, les travaux du sol commencent la première année par un binage manuel entre plants, complété par au moins six passages d’une herse rotative entre les rangées. Ces rangs sont désherbés la deuxième année. La pépinière est annuellement fertilisée, à raison de 250 kg / ha d’un engrais complet (6-15-30). Les traitements insecticides débutent dès le mois d’avril. En moyenne, trois autres passages sont effectués jusqu’en août. Pour la rouille, un traitement foliaire est réalisé dès l’apparition des premières pustules, soit en général vers la fin juillet – début août. Une pulvérisation à base d’un produit cuivré est appliquée fin septembre. Un travail conséquent de sélection des pousses, de taille et d’élagage des brins est à mener tout au long de la production. Ce type de plant est la plupart du temps commercialisé au bout de deux ans. Les plançons issus de pieds- mères sont produits en un an et cet important suivi va donc se concentrer sur quelques mois. Il faut se rendre compte que ce type de plant s’allonge en moyenne de 4 cm par jour en cinq mois de pousse.
B. & F. : Comment vous organisez-vous face à l’évolution de la demande ?
J-F G. : Depuis la tempête, j’ai doublé ma production de plants afin de satisfaire un marché largement lié à la reconstitution des peupleraies sinistrées. Les cultivars à mettre en culture sont choisis en fonction de la demande des propriétaires qui n’évolue que très progressivement. Aujourd’hui ma pépinière se compose de 60 % de Dorskamp, de 15 % de Triplo et de 20 % de I 45 51 et de I 214. Le reste de ma production se partage entre le Blanc du Poitou et d’autres variétés comme Alcinde. Je m’efforce d’offrir à la vente une certaine diversité de cultivars avec l’objectif de commercialiser la totalité des plants produits.
B. & F. : Comment envisagez-vous l’évolution de votre profession ?
J-F G. : Je pense que la demande restera constante à l’avenir, sans augmentation notable. L’effet tempête avec la reconstitution des peupleraies sinistrées s’estompe et la vente de plants pour la constitution de boisements « neufs » reste faible. Le volume de plants commercialisés est très dépendant de la récolte de peupliers. Il est toujours difficile de connaître le marché du bois, mais je pense que dans quelques années, nous pourrons compter sur l’exploitation des peupleraies qui ont été épargnées par la tempête de 1999. Pour ma part je vais maintenir ma surface de pépinière.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Bois et Forêts CRPF | 4ème trimestre 2005 | 52 | Trois questions à |