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- Trois questions à Pierre Laloi (SYLVABOIS) -

Pierre Laloi dirige Sylvabois, entreprise de travaux forestiers à Saint-Cyr dans la Haute-Vienne.

Bois et Forêts : La tempête a entraîné la développement de la mécanisation. Quelles améliorations peuvent encore être apportées ?

Pierre Laloi : L’exploitation mécanisée des résineux existait en Limousin depuis les années 1990. Déjà, à cette époque, j’ai dû pallier le manque de bûcherons en m’équipant d’une machine combinée d’exploitation.

Pour de nombreuses entreprises, l’exploitation mécanisée des feuillus a réellement débuté à la suite de la tempête de 1999. Pour ma part, je me suis diversifié dans la remise en état des terrains et la préparation des plantations. Mon équipement est plus adapté à ces travaux que celui des entreprises de travaux publics qui utilisent des bulldozers.

Mon matériel est constitué d’une pelle mécanique équipée d’un outil : une mâchoire coupante de type croque-souches et d’un râteau andaineur et scarificateur pour la mise en andains et la préparation du sol.

Aujourd’hui, je n’envisage pas d’amélioration sur ce matériel qui est techniquement au point.

Par contre l’exploitation mécanisée des feuillus devra progresser car il n’y a plus de bûcherons.

B. & F. : La mécanisation nécessite de gros investissements. Comment y faites-vous face et le cap de la tempête passé, comment envisagez-vous l’avenir ?

P. L : Je rappelle que je dirige une entreprise de travaux forestiers, je suis un prestataire de services. Contrairement aux exploitants forestiers qui ont reçu des aides au transport et au stockage des bois dans le cadre de la tempête, je n’ai obtenu qu’un financement classique de 30 % en Limousin pour l’équipement en matériel. La pelle (porte outil) n’a pas été subventionnée.

J’ai donc dû m’endetter pour investir. Un combiné d’abattage coûte de 275 000 € à 335 000 €, une pelle équipée d’une tête d’abattage 200 000 € à 230 000 € et une pelle avec une rogneuse de souches 120 000 € à 150 000 €.

L’entreprise a également évolué en passant de 3 à 6 salariés. Pour cela, j’ai bénéficié d’une aide à la création d’emploi de la Zone de Revitalisation Rurale dont je dépends et non d’une aide spécifique à la tempête.

En cette période de fin de tempête, je suis très pessimiste ! Je subis une baisse d’activité, les conditions sont de plus en plus difficiles, les prix sont restés les mêmes depuis 4 ans. De nombreuses entreprises de travaux vont avoir de grosses difficultés économiques.

On nous demande même de réaliser les travaux de nettoyage en ne dépassant pas le montant de l’aide de l’Etat, et si possible sans l’atteindre.

B. & F. : La région Poitou-Charentes vient d’être écocertifiée PEFC ; le Limousin l’est depuis deux ans, est-ce que cela a changé votre façon de travailler ?

P. L : J’ai pour sentiment qu’il s’agit d’une démarche plus guidée par des impératifs commerciaux qu’environnementaux. Pour chaque chantier, je signe un cahier des charges qualitatif présenté par le donneur d’ordre (coopérative forestière ou exploitant forestier). Je n’ai pas pour autant modifié ma façon de travailler, que j’estime respectueuse de l’environnement.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
1er trimestre 2004 45 Trois questions à
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