Le rendement moyen d’une scierie est de 50 %. Chaque mètre cube de grume est transformé en un demi-mètre cube de sciages et un demi-mètre cube de divers déchets que l’on appelle désormais « produits connexes ».
Ces sous-produits sont variés : dosses, délignures, sciures, écorces, diverses chutes et purges. Ces connexes représentent en Poitou-Charentes environ 550 000 tonnes par an, selon l’estimation de l’association interprofessionnelle Futurobois. Si l’ensemble des scieries est le premier producteur de ces produits (25 % du total), de nombreuses autres industries du bois comme les menuiseries, usines d’emballage, de contreplaqués, tonnelleries, en génèrent également.
Autrefois, tous ces déchets étaient souvent une charge pour les entreprises qui avaient des difficultés pour s’en débarrasser : ils étaient parfois brûlés à l’air libre ou collectés à la charge du producteur. Maintenant la quasi totalité de ces produits est revendue et peut générer jusqu’à 20 % du chiffre d’affaire, voire plus. Sans ces ventes, la plupart des entreprises seraient largement déficitaires.
Les scieries les plus rentables sont celles qui ont le plus investi dans cette filière des connexes : stockage, traitement, tri et prospection commerciale. La majorité de ces produits est vendue entre 1 € et 30 € la tonne départ. Les déchets les plus mal valorisés sont les chutes de panneaux mélaminés ou de particules, parfois brûlés dans les chaudières des entreprises, mais dont l’enlèvement est souvent à charge de celles-ci.
En tête des connexes, on trouve les plaquettes issues du broyage des dosses et délignures de scierie. Elles représentent 120 000 tonnes/an en région, leur prix de vente avoisine les 30 €/tonne. Elles sont surtout rachetées par les papeteries et les usines de panneaux. Environ 10 % d’entre elles sont vendues pour alimenter des chaufferies.
Le second déchet en volume est la sciure (50 000 tonnes/an en Poitou-Charentes) qui est revendue au prix moyen de 17 €/tonne humide. Elle entre dans la fabrication des panneaux de particules, mais est aussi revendue comme litière pour les animaux. Elle est maintenant recherchée comme matière première des granulés pour chauffages automatiques.
Les écorces de pin maritime sont très bien valorisées ; elles sont commercialisées en jardinerie comme paillage décoratif pour des plantations. Elles peuvent être négociées plus de 30€ la tonne par les scieries. Les autres écorces, par contre, sont revendues au prix moyen de 1 € la tonne. Elles sont la plupart du temps utilisées pour le compost ou brûlées dans les chaudières des industries du bois pour alimenter en énergie leurs séchoirs.
Les délignures peuvent être vendues à la carbonisation pour faire du charbon de bois, les noyaux de déroulage sont sciés pour fabriquer certains emballages ou triturés pour faire du papier et des panneaux. Les copeaux de rabotage des menuiseries sont généralement vendus à l’industrie de la litière pour animaux.
Quasiment tous les produits connexes ont donc maintenant un débouché. On estime aujourd’hui à 140 000 tonnes/an* le gisement régional « disponible ». Ce sont des produits qui ont actuellement une utilisation, mais les fournisseurs sont prêts à changer immédiatement leur destination s’ils trouvent un débouché plus rémunérateur.
* Estimation Futurobois.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Marc DEMENE CRPF | 2ème trimestre 2008 | 62 | Economique |