- Un recul sans précédent des surfaces reboisées -

D. AMANIOU

Dominique Amaniou est responsable de l’agence de la coopérative forestière CAFSA à Chepniers en sud Charente-Maritime. Celle-ci compte 17 salariés, fait un chiffre d’affaires annuel de 5,5 millions d’euros, exploite 100 000 tonnes de bois par an et réalise des travaux sur environ 3000 ha.

Bois et Forêts : Les représentants des pépiniéristes forestiers s’alarment de la chute abyssale (moins 70 %) du nombre de plants vendus annuellement en France depuis dix ans, qui posera à long terme le problème du renouvellement de la ressource bois en France. Faîtes vous le même constat dans votre activité ?

D. Amaniou : Ce recul spectaculaire est une réalité sur le plan national, sauf pour le pin maritime qui représente aujourd’hui 50 % des ventes de plants en France, spécialement dans le massif landais. Le sud et le centre de Poitou-Charentes étaient aussi épargnés par ce recul, du fait de la forte activité créée par le plan chablis 99. La fin de ce plan au 31 décembre 2009 a considérablement freiné l’activité reboisement. Sur 2009, l’agence CAFSA des Charentes a contractualisé 931 ha de reboisement sur sa zone d’intervention. Sur 2010, année sans subvention, nous pensons finir l’année avec seulement une centaine d’hectares. On découvre là une situation que connaissait déjà le nord de la région depuis plusieurs années.

B. & F. : La baisse des aides publiques est donc à votre avis une raison importante de ce désintérêt des sylviculteurs pour l’investissement forestier, est-ce la seule ?

D.A. : La fin du plan chablis et la réduction des aides publiques sont en effet les principales causes de la baisse des reboisements. Le sylviculteur a souvent besoin d’une aide au démarrage et toujours besoin d’une aide en cas de sinistre. Les tempêtes ont aussi créé un traumatisme qui a démotivé les propriétaires investisseurs. En outre, l’exubérance réglementaire concernant l’environnement fragilise aussi la régénération artificielle de production au profit d’une régénération naturelle souvent peu productive et toujours plus difficile à conduire.

B. & F. : Quels sont à votre avis les décisions politiques qui pourraient inverser ce déclin ?

D.A. : A un moment où l’on demande de sortir plus de bois des forêts, où la demande en bois énergie s’accroît, il est fondamental de s’interroger sur la ressource. A titre d’exemple il faut savoir que le capital sur pied en pin maritime sur le massif landais a fondu en dix ans de 140 à 70 millions de m3.

Il est indispensable de maintenir et de développer une politique d’aide à l’investissement initial, à la reconstitution en cas de sinistre et au regroupement foncier. Il faut poursuivre les efforts sur la compétitivité de la sylviculture. Il faudrait également aider l’investissement industriel pour transformer les bois régionaux sur place et maintenir l’emploi de ce secteur.

Nous devrons favoriser les pratiques de gestion durable en évitant les dérives environnementalistes qui peuvent être une remise en cause de la forêt cultivée et de la création de ressources ligneuses.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
1er trimestre 2011 73 3 Questions à
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