- Une activité économique majeure avec une faible surface en peupleraie -

Le bulletin « Bois et Forêts » établit le bilan des connaissances en matière de relations entre le peuplier et l’environnement. Nous débutons ici une série de trois articles avec l’étude de la place qu’occupe réellement le peuplier dans notre espace rural.

Avec 17 000 hectares, les peupleraies ne couvrent que 5 % de la surface forestière de Poitou-Charentes. Pourtant elles fournissent 65 % de la récolte de bois d’œuvre feuillu et près de 40 % de la récolte totale de bois d’œuvre de la région.

Elles permettent ainsi d’assurer l’approvisionnement d’une industrie régionale très présente qui produit 50 % du contreplaqué français et qui constitue une véritable filière économique. Celle-ci est composée de pépiniéristes, d’entrepreneurs de travaux, d’exploitants forestiers sans oublier les 25 000 populiculteurs. Rappelons que les activités et les emplois ainsi générés sont situés en milieu rural, souvent en voie de désertification.

Les peupliers sont installés dans les vallées alluviales, où les sols leur assurent une alimentation suffisante en eau et en nutriments. Ce type de milieu représente une surface de 250 000 hectares en Poitou-Charentes, dont les peupleraies occupent seulement 7 %.

Les boisements et reboisements en peuplier suivent les fluctuations du marché du bois. La récolte de peuplier est passée de 261 000 m3 en 1988 à plus de 371 000 m3 en 1991. Parallèlement, la vente de plants a presque doublé entre 1988 et 1993 pour atteindre environ 236 000 unités. Cette augmentation des plantations n’ayant servi qu’à compenser celle de la récolte, la surface totale n’a que peu progressé au niveau de la région.

En revanche, la localisation des peupleraies dans le milieu rural a évolué ces dernières décennies. Certains territoires ont vu la création de nouveaux boisements. Cela concerne essentiellement les secteurs où l’agriculture et notamment l’élevage a régressé pour des raisons économiques. Par contre, dès lors que ce type d’agriculture s’est trouvé financièrement soutenu, la constitution de nouvelles plantations a naturellement et fortement diminué. Cela a été le cas par exemple pour le Marais Poitevin. En outre, certaines peupleraies exploitées n’ont pas été replantées.

Enfin, 40 % du volume régional de peuplier a été sinistré par la tempête de 1999. Il est primordial d’assurer la reconstitution des peuplements détruits pour ne pas compromettre, à moyen terme, le maintien de l’activité économique générée par cette essence.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Alain Rousset
ADEP
1er trimestre 2003 41 essences
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