Le marché du bois de chêne connaît, depuis l’année dernière, une certaine tension qui tire les prix vers le haut. Cette tendance se constate sur pratiquement toutes les qualités. La raison en est simple : les volumes proposés sur le marché sont insuffisants pour satisfaire la demande.
Cette situation résulte à la fois d’une diminution des volumes mis en vente par l’Office National des Forêts et par la concurrence accrue exercée par les exportations vers la Chine, l’Espagne et l’Italie.
Cette pénurie de bois oblige les acheteurs de Poitou-Charentes à s’approvisionner hors de notre région malgré l’augmentation du coût du transport.
L’évolution de la demande est tout particulièrement perceptible sur le marché du bois de tonnellerie. Cette qualité merrain demande des bois sans nœuds mais tolère de légères gélivures en cœur. Ce débit se trouve généralement dans le pied de l’arbre, là où le tronc ne présente pas de défauts extérieurs. Les qualités ébénisterie, menuiserie sont aujourd’hui toujours recherchées. Il convient de souligner l’effort fait par nos scieurs pour moderniser leur outil de production et façonner des produits plus élaborés. La mise en place de chaînes de fabrication de frises à parquets directement en aval des scies traditionnelles a permis d’optimiser la valorisation de débits secondaires. Ces investissements influent sur la demande locale.
L’activité charpente est, quant à elle, soutenue par la restauration des maisons anciennes, grandes consommatrices de pièces aux dimensions variées.
La traverse de chemin de fer, après des années difficiles, connaît actuellement un essor inattendu. L’offre couvre tout juste 70 à 75 % des besoins. Rappelons que la traverse permet une perspective d’utilisation intéressante pour les bois noueux et les surbilles, donc pour le bois de choix inférieur.
La demande en bois de chauffage a pour sa part stagné, voire fléchi. Ceci est dû aux deux hivers doux que nous venons de connaître alors que des stocks importants avaient été constitués. Ces conditions climatiques ont ainsi donné un coup d’arrêt au développement de ce marché, lié à l’augmentation des prix du pétrole.
La conjoncture étant satisfaisante, le propriétaire forestier doit saisir cette opportunité pour réaliser des opérations, telles que les améliorations de taillis, qui sont désormais rémunératrices et préparent l’avenir. Cette embellie sur le marché du chêne ne doit bien sûr pas aboutir à une surexploitation des forêts.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Martial Hommeau CRPF | 3ème trimestre 2008 | 63 | Economique |