Les vallées de Poitou-Charentes sont couvertes par 31 000 ha de formations boisées. Les deux tiers sont des peupleraies, conséquence d’une tradition et d’un réel intérêt économique. Néanmoins, d’autres essences, capables de produire du bois d’œuvre, peuvent occuper une place beaucoup plus importante dans ces milieux. Par ailleurs, des peuplements naturels sont fréquemment valorisables à faible coût. Tel est le cas du Frêne commun, de l’Aulne glutineux, du Chêne pédonculé que l’on trouve le plus souvent à l’état de taillis. L’Erable sycomore et le Noyer noir ne pourront se développer que par plantation.
Le frêne occupe 17 % des milieux alluviaux. Mais les études de potentialité des principales vallées de la Charente-Maritime révèlent qu’il est adapté à 37 % des terrains. Cette essence présente sensiblement les mêmes exigences que le peuplier vis-à-vis du sol. Son bois, clair, aux excellentes qualités mécaniques, est utilisé pour le tranchage, l’ébénisterie et la menuiserie. L’objectif de production vise à obtenir 60 à 70 tiges à l’hectare d’une circonférence moyenne de 150 cm à un âge voisin de 60 ans. Les jeunes taillis peuvent être améliorés : un détourage et des éclaircies successives des brins bien conformés, si possible de franc pied, permettront d’atteindre cet objectif. Attention au Frêne oxyphylle, largement représenté dans nos vallées, qui est impropre à toute utilisation noble du fait notamment de sa forme. Il est reconnaissable par ses petits bourgeons bruns différents des gros bourgeons bien noirs du frêne commun. Ce dernier peut également être planté en plein à une densité de 1300 à 1600 plants par hectare.
L’Aulne glutineux est largement présent dans les ripisylves où il assure une parfaite fixation des berges. Les études de potentialité des vallées de la Charente-Maritime montrent que plus de la moitié de ces milieux sont favorables à l’aulne glutineux. Il valorise les stations très hydromorphes inadaptées aux autres essences, même si sa croissance y reste moyenne. Dans tous les cas, il exige des sols constamment alimentés en eau. Son bois est utilisé en ébénisterie et en menuiserie. Dans les jeunes peuplements naturels, deux à trois éclaircies de forte intensité permettront d’obtenir de 200 à 250 tiges par hectare d’une circonférence de 120/130 cm en trente ans.
Le chêne pédonculé est présent sporadiquement dans nos vallées. Il apprécie les sols profonds et frais, mais craint les fortes sécheresses estivales. Le chêne pédonculé peut être éclairci lorsqu’on trouve de beaux brins dans les taillis.
Tout comme le frêne, l’Erable sycomore est cultivé pour le bois d’œuvre. Il faut le réserver aux stations les moins humides. En effet, il ne supporte pas un engorgement du sol même temporaire. Dans les alluvions calcaires, bien aérées et toujours fraîches, sa croissance est comparable à celle de l’aulne. Il se plante dans les mêmes conditions techniques que le frêne.
Quant au Noyer noir d’Amérique, ses stations de prédilection sont les mêmes que celles de l’érable. La plantation d’une densité minimale de 600 plants par hectare doit faire l’objet d’un suivi rigoureux, afin de produire une bille de pied droite et sans défaut sur une hauteur de quatre mètres au minimum.
Les milieux alluviaux sont d’une grande richesse biologique. Le maintien ou le développement de formations forestières composées d’essences variées peut contribuer à enrichir cette diversité biologique.
| Auteur et Organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Alain ROUSSET ADEP | 3ème trimestre 2006 | 55 | Essences |