Le Robinier, ou faux acacia, est un
grand arbre très longévif, pouvant
atteindre 25 mètres de hauteur.
Originaire d’Amérique du Nord, les
premiers robiniers furent introduits en
France en 1601 par Monsieur Robin,
qui donna son nom à l’espèce. Arbre
de croissance rapide, aux rameaux
fortement épineux, il colonise
rapidement le terrain par son aptitude
à rejeter et à drageonner.
Il est facilement reconnaissable au
printemps par ses grappes de fleurs
blanches odorantes et mellifères.
Elles donnent à maturité des gousses
plates noirâtres renfermant de petites
graines noires très dures.
Cette essence est assez résistante à la sécheresse. Son comportement
est plastique vis-à-vis de l’acidité du sol. Par contre, les terrains compacts, argileux, mal drainés ne lui conviennent absolument pas, l’idéal étant les sols légers, filtrants, avec une bonne alimentation en eau en profondeur.
Le robinier, essence héliophile (grand besoin de lumière) a la particularité
de fixer l’azote atmosphérique au niveau des racines (caractéristique des légumineuses) et donc de prospérer très convenablement même sur des sols pauvres en éléments nutritifs.
Le Robinier est peu attaqué par les cervidés à cause des énormes épines sur
les rameaux de l’année. C’est un avantage pour les plantations effectuées en secteur sensible.
On ne lui connaît pas pour l’instant d’ennemi majeur en Poitou-Charentes, si ce n’est les gelées tardives qui peuvent ralentir la pousse annuelle.
Cette essence est essentiellement traitée en taillis souvent très productifs : 10 à 20 stères par hectare et par an. Les coupes sont réalisées entre 20 et 30 ans. Dans notre région, sa principale utilisation est le piquet, puis le bois de feu, dont les qualités sont comparables à celles du chêne. Le bois du Robinier est réputé pour sa résistance à la pourriture qui en fait la championne des essences locales pour les usages en extérieur. Alliée à son esthétique, cette qualité lui assurera de nouveaux débouchés pour des parquets, menuiseries, bardages extérieurs, meubles d’extérieur, etc. dont le marché est de plus en plus demandeur.
La ressource est faible, mais présente
un important potentiel d’extension.
Actuellement 4 475 ha de robinier ont
été recensés en Poitou-Charentes
par l’IFN dont 50 % (2 234 ha) dans
le département de la Vienne,
surtout dans la partie sud, sableuse,
de la région forestière « Saumurois
Loudunais ».
Situées presque exclusivement en forêt
privée, les parcelles de Robinier sont
souvent caractérisées par leur faible
surface et leur dissémination dans les
massifs.
Hormis sur les sols compacts, argileux,
mal drainés ou les sols extrêmement
pauvres, le Robinier peut pousser
convenablement sur une grande
partie des régions naturelles de
Poitou-Charentes.
Les usages nobles du bois de Robinier étant mal connus jusqu’à une période récente, les règles de cultures indiquées ne sont que des pistes qui seront complétées au cours des prochaines années.
| Objectifs | Age d’exploitabilité | Densité finale par ha | Circonférence d’exploitabilité |
|---|---|---|---|
| Production de grumes Par boisement ou amélioration de taillis | 30/40 ans | 4 à 500 tiges | 90/120 cm |
| Taillis simple Produits possibles : piquets, échalas, bois de feu, … | 20/25 ans | > 1 000 tiges | 50/70 cm |
Ces deux objectifs peuvent être atteints par le boisement d’une terre agricole, d’une lande ou d’un mauvais taillis. Un chapitre spécial est réservé à la mise en place artificielle d’un peuplement de Robinier.
Les règles de cultures dépendent ensuite de l’objectif final : soit taillis, soit grume.
| Opérations/situations | Reconstitution artificielle | Taillis simple |
| Régénération | Voir boisement des terres agricoles | Coupe rase de l’ancien peuplement |
| Dépressage |
1er dépressage par ouverture mécanique en 1ère ou 2ème année de layons sur 20 à 50 % de la surface avec entretien 2 à 4 ans plus tard. (Bande de taillis < à 10 m de large).A 8 – 10 ans, 2ème dépressage en plein laissant 1 000 à 1 200 t/ha. Opération à réaliser à partir des layons ouverts précédemment | |
| Elagage | Élagage des 500 à 600 plus belles tiges/ha | Souvent inutile |
| Eclaircie | Aux alentours de 15 ans au profit du peuplement définitif soit 500 à 600 tiges/ha. Intensité voisine de 50 % | |
| Coupe rase | Entre 30 et 40 ans quand les dimensions d’exploitabilité sont atteintes (grumes de sciage) | |
| Opérations/Situations | Reconstitution artificielle | Taillis simple |
|---|---|---|
| Régénération | Voir boisement des terres agricoles | Coupe rase de l’ancien peuplement |
| Sur sol sableux ou graveleux, il est conseillé de rabattre la plantation à la landaise ou aux disques quand elle atteint 3 à 4 mètres de haut afin de favoriser l’apparition de drageons et rejets qui augmenteront notablement la densité du peuplement, toujours trop faible en matière de robinier | Lorsque l’ensouchement est ancien ou insuffisant on procédera de la même manière que pour la reconstitution artificielle. Dans le cas d’un taillis vigoureux cette opération doit être réalisée au plus tard un an après la coupe pour stimuler l’apparition des drageons |
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