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- Les chênes de pays -


On compte plusieurs variétés de chênes de pays en Poitou-Charentes. Les deux chênes susceptibles de produire du bois d’œuvre sont le Chêne sessile, aussi appelé Chêne rouvre, et le Chêne pédonculé. Bien que ressemblants, il importe de savoir les distinguer car leur comportement diffère sensiblement.

Le Chêne pédonculé est un arbre au port massif, irrégulier avec des branches souvent tortueuses. Le gland est porté par un pédoncule. Les feuilles ont un pétiole très court. L’écorce présente de longues fissures verticales.

Le Chêne sessile est un arbre au port massif, régulier avec une branchaison en éventail et des branches plus droites. Le gland est directement inséré sur le rameau. Les feuilles ont un long pétiole. L’écorce présente des fissures à la fois verticales et transversales.

D’autres chênes sont présents : tauzin, chevelu, vert, pubescent. Ils sont inaptes à produire du bois d’œuvre.

Les stations favorables aux chênes

Le Chêne sessile craint le froid et les gelées de printemps. Assez rustique, il peut accepter une faible alimentation en eau estivale et une certaine pauvreté du sol.
Le Chêne pédonculé demande des sols riches (meilleure tolérance aux sols calcaires) et bien alimentés en eau toute l’année. Il supporte l’excès d’eau temporaire et les sols argileux ou compacts. Malheureusement, son comportement pionnier l’amène à se développer sur des sols ne lui convenant pas d’où des résultats décevants et de forts risques de dépérissements, surtout en période de sécheresses répétées.

L’Oidium donne au feuillage une couleur blanche caractéristique
L’Oidium donne au feuillage une couleur blanche caractéristique

Les chênes, notamment lorsqu’ils sont installés dans des conditions ne leur convenant pas, sont sensibles aux insectes défoliateurs : chenilles du Bombyx cul-brun, du Bombyx disparate, Processionnaire du chêne, Tordeuse verte du chêne et aux champignons : Oïdium, Armillaire... L’excès de grand gibier entraîne un abroutissement parfois systématique des rejets de taillis au profit d’espèces moins appétentes : noisetier, charme … La production des taillis de chênes sessile et pédonculé se situe aux alentours de 3 à 6 stères par ha et par an, pour un âge d’exploitabilité qui se situe entre 25 et 45 ans. Les futaies régulières produisent en moyenne 3 à 5 m³ de bois d’oeuvre par ha et par an sur un cycle de 90 à 120 ans. Le bois de ces deux chênes est dur et durable. Il comporte une part non négligeable d’aubier, plus tendre, et qui est purgé dans beaucoup d’usages. Les utilisations sont variées en fonction de la qualité des produits : menuiserie, ébénisterie, placages, tonnellerie, charpente, parqueterie, palettes. Tous les chênes peuvent fournir du bois de feu et de trituration.

Grume de chêne pouvant être valorisée en menuiserie
Grume de chêne pouvant être valorisée en menuiserie

Les grands chênes en Poitou-Charentes

Les chênes sont présents sur 230 000 ha dans la Région, soit 62 % de la surface boisée et 80 % de la surface feuillue régionale. Les chênes sessile (ou rouvre) et pédonculé sont les plus représentés et fournissent les produits les plus intéressants. Les autres chênes sont de moindre taille et fournissent du bois de feu :

  • le Chêne tauzin dans le Sud,
  • le Chêne vert sur la côte,
  • le Chêne chevelu dans le Nord
  • le Chêne pubescent sur les sols calcaires pauvres, il peut également être intéressant pour la trufficulture.

Les grands chênes en Poitou-Charentes

La plupart des peuplements sont des taillis simples ou des mélanges taillis-futaies, où le chêne constitue souvent l’essence principale. Les régions de prédilection des grands chênes en Poitou-Charentes sont les Brandes, la Châtaigneraie limousine, la Gâtine, les Terres rouges, le Saumurois et Loudunais, la Champagne et Saintonge, le Périgord Montmorélien, et dans une moindre mesure la Double, les Plaines de Thouars et Moncontour, les Terres de Groies.

Objectifs sylvicoles

Peuplement initial Age d’exploitation Densité finale Circonférence d’exploitabilité Objectifs
Taillis simple
Définition : peuplements feuillus issus de rejets. Cette appellation est réservée aux peuplements présentant moins de 10 tiges individualisées par ha d’un diamètre supérieur à 27,5 cm.
25 - 30 ans - > 45 cm
  • Maintien en taillis ;
  • futaie régulière par conversion ;
  • futaie régulière par enrichissement ;
  • futaie régulière par transformation.
Futaie régulière
Définition : peuplements issus de graines ou de plants et dont les arbres ont tous le même âge. Par extension, les futaies sur souches composées d’anciennes tiges de taillis individualisées et ayant l’aspect d’arbres de futaie appartiennent à cette catégorie.
100 à 150 ans 60 à 100 t/ha > 150 cm
  • Maintien en futaie régulière ;
  • conversion en futaie irrégulière.
Peuplement irrégulier
Peuplement comportant une ou plusieurs essences, mais dont les âges sont différents. Sont regroupés dans cette catégorie les futaies irrégulières et les mélanges taillis avec futaies.
Intervention régulière tous les 15 à 20 ans (coupe de type jardinatoire) Recherche d’un équilibre entre richesse et structure du peuplement en futaie (voir fiche peuplement irrégulier) > 150 cm
  • Maintien en peuplement irrégulier avec ou sans enrichissement ;
  • conversion en futaie régulière par régularisation :
  • transformation en futaie régulière par reboisement.
Ce taillis de chêne peut être : soit coupé à ras pour le régénérer et fournir du bois de feu, soit être converti en futaie pour produire du bois d’oeuvre, par une série d’éclaircies
Ce taillis de chêne peut être : soit coupé à ras pour le régénérer et fournir du bois de feu, soit être converti en futaie pour produire du bois d’oeuvre, par une série d’éclaircies
L’éclaircie dans ce perchis de chêne a permis de récolter du bois de feu et favorise la croissance en grosseur des arbres conservés
L’éclaircie dans ce perchis de chêne a permis de récolter du bois de feu et favorise la croissance en grosseur des arbres conservés

Règles de culture adaptées aux taillis

Le choix d’un objectif de gestion pour les taillis de chêne dépend notamment :

  • de la présence ou non d’au moins 60 perches ou petits bois d’avenir ;
  • de la fertilité de la station ;
  • d’éléments économiques, environnementaux ou sociaux.
    Les objectifs et les règles de culture permettant de les atteindre sont détaillés dans la fiche « Le Taillis Simple », éditée par le CRPF.
Perche ou petit bois d’avenir : tige de l’âge du taillis, issue de rejets, de drageons ou d’un semis, d’essence noble (chêne, frêne, merisier, châtaignier, …), et de bonne conformation. Cette tige est donc susceptible de fournir à l’âge adulte du bois d’oeuvre.

Règles de culture adaptées aux futaies régulières

Maintien en futaie régulière

Opérations/situations Régénération naturelle Régénération artificielle
Reboisement Griffage de la litière pour faciliter la germination Destruction de la végétation, puis travail du sol sur la ligne ou réalisation de potets.
Densité et plants, ou graines Semis naturel à partir de semences existantes Rapidement les semis devront être dépressés pour croître normalement
Rapidement les semis devront être dépressés pour croître normalement

- 1 600 à 2 000 plants/ha (1-0, 1+0 ou 1S1) ;
100 à 150 kg/ha de glands.
Provenance :
  • Chêne sessile : QPE 311 Charentes-Poitou ; QPE 103 Massif Armoricain ;
  • Chêne pédonculé : QRO 301 Nord Garonne pour 16 et 17 ; QRO 100 Nord-ouest pour 79 et 86.
Entretiens Extraction des semenciers. Mise en bande du peuplement par gyrobroyage (cloisonnement cultural). Dégagement manuel sur la bande et compléments artificiels par plantation si nécessaire. Lutte contre la concurrence du taillis (en particulier si le taillis est composé de châtaignier) par gyrobroyage dans l’interbande et nettoyage manuel sur la ligne.
Désherbage chimique au cours des 3 premières années.
Dépressages
  • 1er dépressage facultatif lorsque les semis ont 3 m de haut laissant 2 500 à 3 000 t/ha ;
  • 2ème dépressage lorsque les semis ont 6 à 8 m de haut laissant 1 200 à 1 600 t/ha.
Dépressage lorsque les arbres ont entre 8 et 10 m de haut, laissant 1 000 à 1 200 t/ha et couplé avec le 1er élagage.r
Première éclaircie 1ère éclaircie vers 15 m de haut pour arriver à une densité de 800 à 900 pieds/ha
Eclaircies suivantes Rotation 10 à 15 ans avec une intensité comprise entre 20 et 30 %.
Elagage Possible sur 6 m de haut en complément de l’élagage naturel
Nos conseils

Concentrer les opérations d’éclaircie et d’élagage au profit des 100 à 150 tiges/ha d’avenir préalablement désignées. Pour les déprises agricoles et terres agricoles : . Privilégier la plantation (2000 à 2500 plants/ha) par rapport au semis ; . effectuer si possible un sous-solage et lutter vigoureusement contre la concurrence herbacée (paillage, désherbage chimique).

Conversion en futaie régulière

C’est l’allongement de la période de régénération naturelle qui permet de convertir une futaie régulière en futaie irrégulière. Pour plus d’information, nous vous conseillons de vous reporter à la fiche « Les futaies régulières », éditée par le CRPF.

Règles de culture adaptées aux peuplements irréguliers

La gestion des peuplements irréguliers à base de chêne dépend :

  • de leur richesse en tiges de futaie, estimée au travers de la surface terrière ;
  • de la répartition des tiges de futaie en petits bois, bois moyens et gros bois ;
  • des caractéristiques du taillis ;
  • de la fertilité de la station ;
  • ...
Peuplement irrégulier constitué d’un mélange futaie taillis
Peuplement irrégulier constitué d’un mélange futaie taillis
Nos conseils

Se reporter à l’ensemble des techniques sylvicoles permettant de valoriser les peuplements irréguliers à base de chêne et détaillées dans la fiche « Les peuplements irréguliers », éditée par le CRPF.

Reconnaissance des chênes

Reconnaissance des chênes

Reconnaissance des chênes

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Dessins de Dominique Mansion, extrait de la Flore forestière française, guide écologique illustré tome 1 « plaines et collines », édité par l’Institut pour le développement forestier, 23 avenue Bosquet, 75007 Paris